Fermer

Sénégal – Génération Foot : « On visait le maintien en ligue 1, on a fait beaucoup mieux ! »

Le centre accueille 120 pensionnaires, âgés de 13 à 19 ans. © ACADÉMIE GÉNÉRATION FOOT

Promu en Ligue 1 sénégalaise, Génération Foot vient de décrocher son premier titre de champion. L’académie dakaroise, fondée par Mady Touré et partenaire du FC Metz, s’appuie sur une méthode de travail qui fait ses preuves, comme nous l'explique Olivier Perrin, entraîneur et manager général.

Jeune Afrique : Ce titre de champion du Sénégal, qui ouvre les portes de la Ligue des Champions 2018 à Génération Foot, était vraiment inattendu.

Olivier Perrin : Oui, en tant que promus, notre premier objectif était de nous maintenir en ligue 1. Et comme les choses ont plutôt vite et bien fonctionné, nous avons pu faire beaucoup mieux ! Trois ans après la Coupe du Sénégal, alors que nous étions en Ligue 2, on remporte un premier titre. C’est une grande joie, car il a été obtenu avec une équipe relativement jeune. Si nous avons quelques cadres de 25-26 ans, le reste de l’effectif est très jeune. Beaucoup ont 18, 19 ans, et certains jeunes joueurs de 16-17 ans ont disputé des rencontres de championnat cette saison.

Deux d’entre eux, Ibrahima Niane, meilleur buteur du championnat et le Gambien Ablie Jallow, vont rejoindre le FC Metz dans quelques semaines…

Oui, c’était prévu depuis un certain temps. Un autre, Mohamed Kane, va partir en Belgique, au FC Seraing, et il y aura peut-être d’autres départs. Quand on estime qu’un joueur a le niveau pour partir, on fait en sorte de s’y tenir. Le président du FC Metz, Bernard Serin, me dit souvent ceci : « Il faut que le joueur qui arrive de Génération Foot à Metz soit capable d’évoluer en Ligue 1 dans les six mois qui suivent. » Si nous estimons qu’il n’est pas encore prêt à partir en Europe, nous retardons son départ.

Si nous estimons qu’il n’est pas encore prêt à partir en Europe, nous retardons son départ

Comment recrutez-vous les pensionnaires de l’académie ?

Nous avons quadrillé le territoire sénégalais. On organise des Open, dans toutes les régions. Des jeunes viennent disputer des matchs de 30 à 40 minutes et certains reviennent pour des tests plus approfondis. On a déjà 600 demandes, rien que pour Dakar. Et il y a les détections ciblés, dans d’autres académies du pays.

A quel âge arrivent les plus jeunes pensionnaires ?

À 12 ou 13 ans. Mais nous ne nous interdisons pas de faire venir des joueurs plus âgés, de 18 ou 19 ans. Notamment si nous allons les chercher dans d’autres pays. Car nous nous intéressons aussi à ce qui se passe en Gambie, en Mauritanie et même au Mali. Nous formons de futurs footballeurs, mais nous accordons beaucoup d’importance à la scolarité de nos pensionnaires.

Nous formons de futurs footballeurs, mais nous accordons beaucoup d’importance à la scolarité de nos pensionnaires

Y-a-t-il une philosophie de jeu propre à génération Foot ?

Bien sûr. Toutes les catégories travaillent sur le même système de jeu. On privilégie le football offensif, le jeu au sol, et on évite autant que possible les longs ballons vers l’avant. Mais nous tenons aussi à ce que les joueurs puissent exprimer leurs qualités dans cette philosophie de jeu.

Les joueurs de Génération Foot ont-ils un statut professionnel ?

Oui, ils touchent un salaire mensuel et sont nourris, logés, transportés, soignés. Le FC Metz, qui assure le financement de l’académie, met de l’argent dans les structures sportives et éducatives. Nous allons ainsi bientôt terminer des travaux concernant le bâtiment scolaire. Quand un joueur de Génération va à Metz et qu’il est ensuite transféré, une partie de l’argent que touche Metz lui permet d’amortir les investissements qu’il fait au Sénégal, mais aussi de les poursuivre.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro