Moody’s dégrade à son tour la note souveraine de l’Afrique du Sud

Logo de l'agence de notation financière Moody's, à New York. © Mark Lennihan/AP/SIPA

L'agence de notation Moody's a annoncé, vendredi 9 juin, avoir dégradé la note souveraine de l'Afrique du Sud, qui est passée de Baa2 à Baa3, avec perspective négative. En cause : l'affaiblissement du cadre institutionnel, des perspectives de croissance revues à la baisse et l'augmentation de la dette publique.

C’est la dernière des trois grandes agences de notation à avoir dégradé la note souveraine de l’Afrique du Sud cette année, après Standard & Poor’s et Fitch Ratings. L’agence de notation Moody’s a annoncé, dans une étude publiée vendredi 9 juin, avoir baissé la note souveraine de l’Afrique du Sud, de Baa2 à Baa3, avec perspective négative. La note de la dette à court terme du pays a également été dégradé à (P)P-3.

La décision de Moody’s repose d’abord sur la croissance atone qui a freiné la création d’emploi et contribué au taux de chômage élevé. En 2015, la croissance a atteint 1,3% du PIB. Elle devrait avoisiner 0,3% en 2016 et 0,8% en 2017, selon l’agence. En cause notamment : les tensions sociales et politiques, la faible flexibilité du marché du travail, les carences de la production d’électricité, ou encore la mauvaise gouvernance dans les entreprises d’État. L’agence souligne également le contraste grandissant entre l’Afrique du Sud et les autres marchés émergents, notamment concernant l’écart entre le niveau des revenus du pays et celui des économies les plus avancées.

Affaiblissement des institutions

Moody’s s’inquiète également de l’affaiblissement du cadre institutionnel révélé par des événements récents, comme le brusque remaniement ministériel de mars dernier, qui « illustre une érosion progressive de la force des institutions ». « Le cadre institutionnel est devenu moins transparent, moins efficace et moins prévisible » conclut l’agence de notation.

L’agence pointe aussi une détérioration de la force fiscale de l’État, due à la faible croissance et à la faible efficacité des entreprises publiques. La dette publique et les passifs éventuels de l’État comparés au PIB ont doublé depuis 2008/2009, pour atteindre respectivement 50% et 20% du PIB à la fin 2016. Le coût du service de la dette par rapport aux recettes de l’État a également augmenté : ce ratio, estimé à 9,7% en 2016, est légèrement supérieur à ceux des autres pays notés « Baa ».

Moody’s justifie la perspective négative attribuée au pays par « le dysfonctionnement politique, l’affaiblissement institutionnel et le manque de clarté des objectifs politiques » qui risquent de s’accroître davantage, alors qu’un consensus politique autour d’un soutien aux investissements et d’une dynamisation des réformes paraît peu probable.