Exclusif – RDC : Katumbi dénonce la fouille de ses proches par des hommes armés et cagoulés à Makala

Par - Envoyé spécial à Kinshasa

Moïse Katumbi, dernier gouverneur du Katanga, dans le sud de la RDC, le 21 février 2015 à Lubumbashi. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Un groupe d'hommes armés et cagoulés a procédé dans la nuit de samedi à dimanche à une « fouille systématique » des proches de Moïse Katumbi détenus depuis plusieurs mois dans la prison centrale de Makala à Kinshasa. L'ancien gouverneur dénonce un « harcèlement » et dit craindre pour la vie de ces derniers.

« C’est vers 2 heures du matin [ce 11 juin] que des militaires cagoulés et armés jusqu’aux dents, accompagné du directeur de la prison, ont pénétré dans le pavillon 8 de la prison de Makala. Ils se sont mis à fouiller et à intimider mes proches qui y sont détenus. » Moïse Katumbi, lui-même contraint à l’exil depuis une année, dénonce le « harcèlement de personnes qui sont incarcérées injustement depuis plusieurs mois, comme l’a démontré le rapport des évêques catholiques ».

La « fouille » a été confirmée par des sources pénitentiaires. Elle intervient près d’un mois après l‘évasion du siècle dans cette principale maison d’arrêt de la capitale congolaise. Mais plusieurs personnalités politiques en détention et des proches de l’opposant Katumbi avaient refusé de se faire la belle, craignant de tomber dans un piège et d’être tués. L’ancien gouverneur assure d’ailleurs « craindre pour la vie de [ses] proches » et demande des « explications au directeur de la prison pour avoir autorisé l’intrusion des militaires armés dans les cellules de Makala ».

Ils pointaient leurs canons sur tout celui qui refusait d’ouvrir sa cellule. »

Intervention de routine ou opération ciblée ?

D’après nos informations, outre le pavillon 8, ont également été inspectés les pavillons 1 et 2 où sont détenus notamment des proches du général Faustin Munene, ancien chef d’état-major des Forces armées congolaises en cavale, condamné en 2010 par contumace à la prison à vie pour « complot contre la sécurité de l’État ».

« C’est vraisemblablement des éléments du renseignement militaire, la Demiap, qui ont débarqué », croit savoir un témoin qui s’est confié dimanche matin à Jeune Afrique. « Ils étaient cagoulés et pointaient leurs canons sur tout celui qui refusait d’ouvrir sa cellule. Ce n’est pas normal ! » déplore-t-il.

Ces hommes armés ont procédé à des saisies de téléphones de plusieurs détenus. « Cette opération a ciblé essentiellement les proches de Moïse Katumbi et certains membres de l’entourage du général Faustin Munene, notamment le lieutenant-colonel Jean-Pierre Kazamba », indique notre source.

« Ce fut une intervention de routine », s’est contenté d’expliquer une source sécuritaire congolaise, sans donner plus d’informations sur la nature de l’opération.

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