Centrafrique : des représentants des groupes armés à Rome auprès de la communauté Sant’Egidio

D'anciens membres de la Séléka, à l'aéroport de Mpoko à Bangui, en Centrafrique le 8 janvier 2014. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Tout juste la cinquième rencontre du plan DDRR se terminait-elle ce vendredi que deux groupes armés annonçaient leur volonté de se rendre à Rome, auprès de la communauté catholique Sant’Egidio.

« Des représentants des combattants du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et du 3R (deux groupes armés centrafricains, NDLR) se rendront à Rome ce dimanche », explique à Jeune Afrique Joachim Kokaté, ex-anti-Balaka vendredi 9 juin. Une des personnes ressources du Comité consultatif de suivi du processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) confirme, ajoutant « qu’il se chuchote que le gouvernement pourrait aussi y envoyer un représentant ». Ces représentants doivent y rencontrer des membres de la communauté catholique Sant’Egidio.

Il y a quelques jours déjà, alors que le cinquième round des discussions pour le désarmement devait s’ouvrir à Bangui, un ancien Séléka nous confiait : « La communauté catholique Sant’Egidio (sise à Rome, NDLR) a beaucoup de prestige parmi la population et les combattants. Elle est réputée efficace et à l’écoute. » Depuis plusieurs années, les religieux de Sant’Egidio sont impliqués dans la résolution de la crise centrafricaine.

Le processus mené par l’exécutif est « en panne »

Le processus DDRR, piloté par l’exécutif, lui, semble « en panne aux yeux de nombreux acteurs », selon les mots de l’ancien Séléka. Preuve de l’agacement de la société civile devant la recrudescence de violences depuis la mi-mai : alors que la 5e réunion pour le désarmement était en cours au secrétariat général du gouvernement, à Bangui, ce vendredi, des dizaines de femmes ont manifesté pour demander la fin des hostilités.

Durant les réunions de ces deux jours, les différents groupes armés représentés auraient essayé de comprendre les raisons des récentes flambées de violence.