Fermer

Centrafrique : le président de l’Assemblée nationale prend l’initiative pour ramener la paix

Des miliciens anti-balaka en 2014 en Centrafrique. © Jerome Delay/AP/SIPA

Alors que le désenchantement souffle sur le pays au vu des récentes violences de la mi-mai, Abdou Karim Meckassoua, président de l’Assemblée nationale de République centrafricaine (RCA) présente une initiative censée aider le pays à trouver la paix.

« Initiative parlementaire pour l’adoption d’un plan de paix ». Voilà le titre du document présenté par Abdou Karim Meckassoua, président de l’Assemblée nationale de République centrafricaine et qui a été amplement salué par les parlementaires, le 26 mai dernier, avant d’être présenté au Premier ministre le 29 mai. Aujourd’hui, Meckassoua ne quitte pas son téléphone, pour parler de son travail aux partenaires internationaux, à la presse ou encore à la société civile.

Des chantiers de construction

Sur plusieurs points, son initiative − feuille de route qui tient en quelques pages et reste une recommandation à l’exécutif sans valeur de loi −, ne diffère pas tant des processus déjà existants. La nouveauté réside sûrement dans la proposition de création d’un « Comité national des victimes ». Formellement, le texte appelle à « placer les victimes […] au centre du processus » de paix. Meckassoua nous éclaire : « L’idée est qu’en face des groupes armés, il faut aussi stimuler l’apparition d’un bloc actif, pour peser dans le processus de paix. »

Avec ces chantiers, on donne aux jeunes une raison de tendre la main à la société civile

La création de « chantiers de reconstruction » est une autre proposition originale de l’initiative. Le principe est de proposer aux membres des groupes armés de se porter volontaires « pour travailler sur des chantiers, à condition de déposer les armes ». Meckassoua récuse toute naïveté et défend son idée : « Il ne faut pas sous-estimer le poids de l’inactivité. Avec ces chantiers, on propose aux jeunes d’avoir accès à un repas, mais surtout on leur donne une raison de tendre la main à la société civile, de renouer avec le pays. Beaucoup seront tentés ».

Relancer une dynamique enrayée

Si Abdou Karim Meckassoua prend une telle initiative, c’est parce qu’aujourd’hui, « le processus semble enrayé » selon ses propres mots. « Le chantage des groupes armés ne faiblit pas », se désole-t-il. L’autre raison, plus difficile à assumer pour le président de l’Assemblée, ce serait la crainte, diffuse, que l’exécutif négocie des amnisties avec certains chefs de groupes armés. « Je n’accuse personne, mais je sais que les tentations sont grandes de proposer des amnisties », concède l’intéressé. Son initiative, elle, est claire : pas d’amnistie possible pour les crimes de guerre.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro