Tchad : d’ex-Casques bleus dénoncent le non-paiement de leur salaire

Par Jeune Afrique avec AFP

Des Casques bleus en février 2016. © Jerome Delay/AP/SIPA

Plusieurs Casques bleus tchadiens ayant servi au Mali ont dénoncé cette semaine le non-paiement de leur salaire et de leurs primes auprès du gouvernement et des Nations Unies.

Les délégués des anciens Casques bleus tchadiens de la Minusma ont annoncé mercredi 7 juin une opération « Brûler le béret bleu de l’ONU », au nom des deux contingents de quelque 1 275 hommes qui faisaient partie de la mission onusienne entre 2014 et 2016. « Nous n’avons perçu ni notre salaire mensuel (1 087 dollars), ni prime de risque, ni prime de chaleur » a fait savoir à l’AFP Maxime Altora, l’un des délégués. « C’est le même sort qui attend le troisième contingent tchadien, actuellement sur le terrain » a-t-il mis en garde.

« Nous voulons que nos voix soient entendues »

Avec près de 1 390 hommes sur le terrain, le contingent tchadien est le troisième plus important de la Minusma : il compte 14 000 hommes au total, après le Bangladesh et le Burkina Faso. Le chef de la Minusma est par ailleurs l’ancien ministre des Affaires étrangères du Tchad, Mahamat Saleh Annadif. « Nous voulons que nos voix soient entendues par le gouvernement tchadien et par l’ONU », a poursuivi Maxime Altora. Silence radio, du côté du ministère tchadien de la Défense.

« Normalement, les Nations unies paient les pays contributeurs, qui gèrent les paiements avec les soldats qu’ils ont déployé », a indiqué à l’AFP la porte-parole de la Minusma, Radhia Achour. « Nous vérifions l’état de nos paiements au Tchad », a-t-elle ajouté.

Une mission à risque 

Les protestataires exigent également la libération de quatre de leurs collègues « arrêtés il y a trois mois alors qu’ils étaient en réunion devant la direction générale de l’intendance militaire » et rappellent les risques de leur mission dans le nord du Mali. À Kidal vendredi 9 juin, trois Casques bleus ont été tués dans une attaque visant la Minusma. Des soldats tchadiens avaient déjà abandonné leurs positions en signe de protestations en septembre 2013 et en novembre 2014.

Victime d’une sévère crise économique, le Tchad est un partenaire stratégique de l’Occident dans les opérations militaires anti-jihadistes au Mali et dans la bande sahélo-saharienne, de l’opération Barkhane dont le siège est à N’Djamena ou du G5 Sahel (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie).