Mali : trois Casques bleus guinéens tués dans une attaque à Kidal

Par Jeune Afrique avec AFP

Des soldats de la Minusma, le 1er juillet 2013 à Bamako. © Harouna Traore/AP/SIPA

Trois Casques bleus guinéens sont morts jeudi dans une attaque contre le camp de la Minusma à Kidal, revendiquée ce vendredi par la principale alliance jihadiste de la région, liée à Al-Qaïda.

Le camp de la Minusma à Kidal a été la cible de « tirs intensifs de roquettes – mortiers » le jeudi 8 mai dans la soirée, selon un communiqué publié le lendemain par la Mission dans l’ONU. Cinq personnes, faisant partie du personnel de la Minusma, ont été blessées. Peu de temps après, « une position de la Force a été attaquée à l’extérieur du camp », indique le texte, précisant que « trois Casques bleus avaient été tués et trois autres blessés ». « Les informations préliminaires indiquent qu’une dizaine d’obus de différents calibres ont ciblé le camp » et « quelques obus ont atterri dans les quartiers avoisinants du camp » a ajouté la Minusma.

Selon un communiqué des autorités de Conakry, les militaires onusiens décédés étaient de nationalité guinéenne, et relevaient du bataillon Gangan déployé au nord du Mali. L’attaque, comme la plupart de celles perpétrées au Mali ces derniers mois, a été revendiquée par une nouvelle alliance entre jihadistes du Sahel liés à Al-Qaïda, dirigée par le chef islamiste touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Renforcement des patrouilles à Kidal 

La Minusma a rappelé que les attaques dirigées contre le personnel des Nations Unies constituaient des « crimes de guerre » et exhorté les autorités à « assumer leur pleine responsabilité pour identifier les responsables » de ces exactions et les traduire devant la justice.

L’opération des Nations unies au Mali est régulièrement endeuillée par des attaques contre ses troupes. Depuis son déploiement en 2013, plus de 110 soldats de cette mission onusienne ont perdu la vie, selon un rapport de la FIDH (fédération internationale des droits de l’homme) et de l’association marocaine des droits humains (AMDH) début 2017. Face à la recrudescence des violences, la Minusma a annoncé dans un deuxième communiqué publié vendredi 9 juin le renforcement de ses patrouilles dans la région de Kidal.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, provoquant la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touarègue, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Puis les jihadistes en ont été en grande partie chassés par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013, à l’initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes. L’insécurité dans la zone avait même poussé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à suspendre temporairement ses activités dans la région entre avril et mai.

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