Côte d’Ivoire : l’agence de notation Wara relève les perspectives de Sifca

Un ouvrier agricole procède à la saignée des hévéas, le 06 octobre 2007 dans une plantation du village d'Allokoi à 5 km d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Olivier pour Jeune Afrique

L'agence de notation West African Rating Agency (Wara) a divulgué les notations financières qu'elle a attribuées à Sifca, à son emprunt obligataire de 2013 et à la SAPH. La publication de ces notes intervient quelques jours après l'annonce par Michelin d'une offre d'achat de la totalité des actions SIPH non détenus par Sifca, pour un montant de 88 millions d'euros.

Dans un communiqué publié vendredi 9 juin, l’agence de notation ouest-africaine Wara a confirmé les notes de Sifca, de son emprunt obligataire et de la Société africaine de plantation d’hévéas (SAPH), filiale de la Société internationale de plantation d’hévéas (SIPH), détenue à 55,6% par Sifca. Celle-ci conserve sa notation de long terme à BBB+ et sa notation de court terme à W-4. En revanche, la perspective de cette notation a été révisée, de « négative » à stable ». Une note qui reflète, selon l’agence de notation, « la reprise des cours du caoutchouc naturel et de l’huile de palme, la résilience de Sifca lors du cycle baissier qu’elle a traversé et sa capacité à mener des chantiers restructurant pour s’adapter aux conditions de marché, les investissements réalisés sur l’ensemble des filières pour moderniser l’outil de production, augmenter les capacités, améliorer la qualité et gagner en termes de marges ».

Même son de cloche pour l’emprunt obligataire de 35 milliards de F CFA de Sifca, contracté en 2013, qui conserve une notation de long terme de BBB+ et de court terme de W-4 et dont la perspective est passée de « négative » à « stable ». Une notation qui reflète « la bonne tenue des cours des matières premières en 2016 et depuis le début de l’année 2017, des efforts de rationalisation et d’optimisation du groupe et de ses filiales spécialisées, et des perspectives prometteuses d’augmentation des capacités et volumes de production. » D’autant que cet emprunt obligataire a permis le financement d’investissements de hausse de capacité de l’outil de production.

Quant à la SAPH, leader de la production de caoutchouc naturel en Côte d’Ivoire, elle conserve également sa notation de long terme de BBB et sa notation de court terme à W-4. La perspective est maintenue à stable. Selon Wara, cette note reflète « d’une part la reprise des cours du caoutchouc naturel, la position dominante de la société sur son marché ainsi que sa maîtrise de la chaîne de valeur dans le secteur du caoutchouc naturel. »

Offre d’achat par le groupe Michelin

La publication de ces notations intervient après que le groupe Michelin a annoncé son intention de lancer, via une filiale suisse (Compagnie Financière Michelin SCmA), une offre d’achat de la totalité des actions de la SIPH non détenues par Sifca ou par lui-même, soit 20,6% du capital et 11,78% des droits de vote. Le géant français du pneumatique (23,81% du capital), agissant de concert avec Sifca, devrait payer pour cela environ 88 millions d’euros, le montant représentant une prime de 41,8% par rapport au cours de clôture de l’action SIPH le 5 juin 2017. La procédure débutera le 22 juin pour se clore le 12 juillet. SIPH, coté sur la Bourse de Paris depuis une centaine d’années, sera ensuite retirée de la cote.

SIPH est actif en Côte d’Ivoire (via sa filiale SAPH), au Ghana (GREL), au Nigeria (REN) et au Liberia (CRC, pas encore en activité). Son chiffre d’affaires a atteint 267,9 millions d’euros en 2016, pour un volume total de caoutchouc de 217,9 milliers de tonnes. Grâce à un redressement des cours et surtout un travail très important sur les coûts, la société a renoué avec les bénéfices. Michelin est son principal client, achetant environ la moitié de sa production.