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Enquête conjointe RDC-ONU sur les violences dans le Kasaï : Kinshasa dit oui, mais…

Une équipe de la Monusco dépêchée après l'explosion d'un engin non identifié à Matamba, dans le Kasaï-Central, le 14 mai 2017. © Biliaminou Alao/Flickr/Monusco

La ministre des Droits humains, Marie Ange Mushobekwa Likulia, a confirmé à Jeune Afrique ce mercredi 7 juin que la RDC avait accepté la proposition de l'ONU de mener une enquête conjointe sur les violences observées dans le Kasaï depuis plusieurs mois. Mais Kinshasa souhaite garder la main sur l'enquête en question.

Mardi 6 juin, lors de la 35e session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève, Zeid Ra’ad Al Hussein, haut-commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies, avait lancé un ultimatum de 48 heures aux autorités congolaises. Celles-ci ont finalement accepté de participer à une enquête conjointe avec l’ONU sur les violences dans le Kasaï. Marie-Ange Mushobekwa Likulia, ministre congolaise des Droits humains, a réagi en fin de matinée mercredi 7 juin sur son compte Twitter, annonçant que Kinshasa était favorable à la requête de l’organisation.

Kinshasa veut garder la direction de l’enquête conjointe

Dans un courrier destiné au Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’homme, que Jeune Afrique s’est procuré, Kinshasa souligne le mercredi 7 juin que la justice congolaise souhaite garder la direction de l’enquête conjointe avec l’ONU.  » Nous avons une justice qui fonctionne, pour preuve, il y a des procès qui ont commencé dans le cadre de cette affaire. La justice internationale ne peut intervenir qu’en cas de mauvaise volonté des politiques, ce qui n’est pas le cas sur cette affaire », affirme au téléphone Marie Ange Mushobekwa Likulia.

La première audience du procès des assassins présumés des deux experts de l’ONU tués dans le Kasaï a eu lieu le 5 juin dernier. La prochaine est prévue le 12 juin.

Nous n’avons pas cédé à un quelconque ultimatum, c’est une continuité dans la collaboration entre la RD Congo et l’Onu

La ministre rappelle par ailleurs que Kinshasa a accepté de poursuivre l’enquête conjointe déjà menée avec l’ONU depuis près de trois mois, dans le cadre du dossier Kamuina Nsapu. « Nous n’avons pas cédé à un quelconque ultimatum, c’est une continuité dans la collaboration entre la RD Congo et l’Onu » a-t-elle conclu.

Le 12 mars, deux experts de l’ONU en RD Congo, l’Américain Michael Sharp et la Suédoise Zaida Catalán, ainsi que leurs quatre accompagnateurs congolais, avaient disparu à proximité de la rivière Moyo, entre Bukonde-Tshibulu. Ils étaient chargés d’enquêter sur l’insécurité dans le Kasaï-central. Cette province est depuis plusieurs mois en proie à des affrontements entre les membres de la rébellion Kamuina Nsapu et les forces de sécurité congolaises.

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