Côte d’Ivoire : l’ONU envoie des experts pour participer à l’enquête sur la cache d’armes découverte à Bouaké

Par Jeune Afrique avec AFP

Des membres de la garde républicaine, à Abidjan ce 13 mai 2017. © Reuters / J.A. / Capture d'écran

Une mission d'experts de l'ONU devait arriver ce mercredi en Côte d'Ivoire pour appuyer la justice ivoirienne dans l'enquête sur la cache d'armes découverte mi-mai à Bouaké, dans la résidence du directeur de protocole de Guillaume Soro. Le pays était alors secoué par une nouvelle vague de mutineries.

Lors d’une conférence de presse donnée à l’issue du Conseil des ministres ivoiriens ce mercredi 7 juin, le ministre de la Communication, Bruno Koné, a fait savoir qu’une mission d’experts de l’ONU devait arriver mercredi 7 juin en Côte d’Ivoire. Celle-ci sera chargée d’enquêter sur la cache d’armes découverte chez Souleymane Kamagaté, dit « Soul to Soul », chef du protocole de Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale. « Le dossier est chez le procureur, c’est la justice », a-t-il ajouté, refusant de commenter davantage l’affaire.

Le 15 mai dernier, alors que des mutineries secouaient le pays, un stock d’armes a été trouvé à Bouaké, la deuxième ville de Côte d’Ivoire, dans une résidence présentée comme appartenant à Souleymane Kamagaté. « Il a répondu qu’il n’était ni l’acquéreur ni le propriétaire de ces armes », a alors expliqué Moussa Touré, directeur de la Communication à l’Assemblée nationale. Soul to Soul a néanmoins été entendu à plusieurs reprises par les enquêteurs par la suite, dans le cadre d’une enquête ouverte fin mai par la justice ivoirienne.

Une cache « connue de plein de gens »

Entre-temps, des vidéos et des photos de cette cache d’armes ont fait leur apparition sur les réseaux sociaux et dans les médiaux locaux. Des mutins ont également exhibé devant des journalistes de l’AFP des armes provenant, selon eux, de cette cache, « connue de plein de gens ». Pour plusieurs sources de l’AFP, c’est précisément l’exhibition de ces armes par les mutins qui aurait convaincu les autorités de ne pas tenter de réduire militairement les mutins.

Par ailleurs, certains médias ont accusé Guillaume Soro d’utiliser les armes contenues dans la cache découverte à Bouaké pour déstabiliser le président Alassane Ouattara, et pour renforcer sa position en vue de la présidentielle de 2020, dont il est un des favoris même s’il refuse pour le moment de se dire candidat.

Une enquête pour déterminer l’origine des armes

Interrogé par Jeune Afrique cette semaine, Guillaume Soro a invoqué invoquant son « devoir de réserve […] en tant qu’ancien Premier ministre et ancien ministre de la Défense » et l’ouverture d’une enquête pour ne pas s’étendre sur le sujet. « La personne mise en cause est l’un de mes plus proches collaborateurs, et je lui ai demandé de faciliter autant que possible le travail des enquêteurs » avait-il ajouté.

Selon l’AFP, l’enquête sur la cache de Bouaké devra surtout déterminer si les armes proviennent des stocks achetés pour la rébellion et la défense du président Ouattara lors de la crise post-électorale ou si elles ont été acquises plus récemment. Dans ce dernier cas, cela pourrait constituer un casus belli entre le président Ouattara et Guillaume Soro. « Depuis 2002, à chaque fois que le pays traverse des difficultés, les gens prétendent que ma relation avec le président Ouattara (élu en 2010) en pâtit. Pourtant, elle demeure bonne. Je suis habitué aux procès en sorcellerie. L’essentiel pour moi est d’entretenir la confiance qui existe entre le chef de l’État et moi-même », assure toutefois Guillaume Soro à Jeune Afrique.

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