Iran : l’État islamique revendique un double attentat à Téhéran

Par Jeune Afrique

Le mercredi 7 juin, à côté du parlement de Téhéran, en Iran. © Omid Vahabzadeh/AP/SIPA

Au moins douze personnes ont trouvé la mort ce mercredi dans des attaques menées quasi-simultanément contre le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran. Ces attentats, sans précédent dans la capitale, ont été revendiqués par le groupe État islamique.

Le groupe État islamique (EI) a revendiqué mercredi 7 juin ses premiers attentats à Téhéran, où des hommes armés et des kamikazes ont attaqué le Parlement iranien et le mausolée de l’imam Khomeiny. « Des combattants de l’EI attaquent la tombe de Khomeiny et le Parlement au centre de Téhéran », a confirmé dans la matinée Amaq, l’agence de propagande du groupe terroriste, alors que l’attaque était encore en cours. Pour l’heure, selon un bilan annoncé à la mi-journée par l’agence de presse d’État l’Insa, on recense au total douze personnes tuées et une quarantaine blessées.

Vers 10h15, heure locale, plusieurs hommes armés se sont introduits dans le Parlement et ont ouvert le feu. Les forces de l’ordre ont ensuite donné l’assaut contre les assaillants, dont certains s’étaient retranchés dans les étages supérieurs du bâtiment, comme l’attestent plusieurs photos publiées par les agences de presse iraniennes et relayées sur les réseaux sociaux. Les députés ont néanmoins continué leur session dirigée par le président du Parlement Ali Larijani qui a dénoncé « des terroristes lâches ».

Plus de trois heures après le début de l’attaque au Parlement, les autorités ont annoncé la fin de l’intervention. Trois des assaillants auraient été abattus par la police et un quatrième se serait fait exploser dans l’enceinte du bâtiment selon l’agence de presse d’État Irna.

Le ministre de l’Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli, cité par des médias locaux, a fait savoir que certains terroristes seraient entrés dans le Parlement habillés de vêtements pour femmes.

Plusieurs blessés au mausolée de Khomeiny

De façon quasi-simultanée, aux alentours de 10h40, heure locale, deux terroristes équipés de ceintures explosives se sont introduits dans le mausolée de Khomeiny, situé à 20 kilomètres au sud de Téhéran, et ont commencé à tirer, comme le rapporte l’agence officielle Irna. Ce site, qui abrite la dépouille du fondateur de la République islamique est un lieu de culte pour les touristes iraniens.

Toujours selon la même source, l’un d’entre eux a actionné sa ceinture. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos de l’explosion ont rapidement circulé.

La deuxième personne aurait tenté de fuir, avant d’être rattrapée par les forces de l’ordre qui l’ont abattue et ont pu neutraliser sa ceinture explosive. Mohammad Ali Ansari, le directeur l’Institut pour la Compilation et la Publication des Œuvres de l’Imam Khomeiny, interrogé par l’Irna, a indiqué qu’au moins trois personnes avaient été blessées durant cette attaque.

L’Iran récemment menacé par l’EI

Une réunion d’urgence du conseil de sécurité de Téhéran a été convoquée par le ministre de l’Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, pour répondre à ces attaques inédites. Selon le ministère des Renseignements, un autre groupe de « terroristes » a été neutralisé à Téhéran avant de pouvoir passer à l’action. La menace terroriste s’accroît dans le pays, majoritairement chiite, qui apporte un soutien militaire au régime syrien face aux rebelles et au groupe djihadiste État islamique. L’Iran est également engagé auprès de l’Irak dans sa lutte contre les groupes djihadistes.

Dans une rare vidéo de propagande en langue farsi publiée le 27 mars dernier, l’EI avait déjà menacé l’Iran et son guide suprême Ali Khamenei, dénonçant son rôle dans les conflits régionaux.

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