Les investissements directs étrangers vers l’Afrique ont atteint 59 milliards de dollars en 2016, selon la Cnuced

Par Jeune Afrique

Vue de la baie de Luanda, capitale de l'Angola, le 24 février 2013. © Fabio Vanin/CC/Wikimedia Commons

Les flux d'investissements directs étrangers (IDE) vers l'Afrique ont atteint 59 milliards de dollars en 2016, leur cinquième année de baisse d'affilée, selon le dernier rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) publié mardi. Les IDE à destination du continent ont été principalement captés par cinq pays.

Les flux d’IDE vers l’Afrique ont baissé à 59 milliards de dollars en 2016, selon le dernier rapport mondial sur l’investissement de la Cnuced, diffusé mercredi 7 juin. Selon la Cnuced, le chiffre est en recul de 3% par rapport à 2015 (61 milliards de dollars). Mais ces données statistiques restent à manier avec prudence : en juin 2016, la Cnuced annonçait en effet 54 milliards de dollars d’IDE en 2015. Le chiffre (sur la base duquel les IDE de 2016 auraient été en hausse) a été depuis fortement révisé. « Les chiffres sont régulièrement mis à jour, en fonction de la rapidité de communication par les offices statistiques nationaux », explique-t-on au siège de la Cnuced.

Dans le détail, à l’intérieur du continent, cinq pays − l’Angola, l’Égypte, le Nigéria, le Ghana et l’Éthiopie − ont capté la majorité de ces flux, avec 57% du total des investissements.

Les IDE vers l’Égypte, qui ont augmenté de 17% pour atteindre 8,1 milliards de dollars, grâce aux découvertes de réserves de gaz dans le pays par des compagnies étrangères, ont dopé la performance de l’Afrique du Nord : les flux d’IDE vers la sous-région ont augmenté de 11% l’an dernier, pour s’établir à 14,5 milliards de dollars.

Les flux d'IDE vers l'Afrique par zone, de 2010 à 2016 © Rapport 2017 de la Cnuced sur les investissements dans le monde

Recul des IDE en RDC

Concernant les pays d’Afrique subsaharienne, le rapport constate que le faible prix des matières premières a diminué l’intérêt des investisseurs pour la région. Les flux d’IDE vers la zone ont diminué de 7% pour atteindre 45 milliards de dollars.

Dans le détail, les flux d’IDE vers l’Afrique centrale ont chuté de 15% en 2016, pour s’établir à 5,1 milliards. La RDC, qui attire presque exclusivement des investissements dans le secteur minier, a été particulièrement touchée, avec une chute de 28% des IDE en 2016. Ces derniers se sont élevés à 1,2 milliard de dollars. À l’inverse, la République du Congo a vu ses flux d’IDE grimper de 8%, à 2 milliards, en partie grâce aux investissements continus des entreprises chinoises.

3,2 milliards d’IDE en Éthiopie

L’Afrique de l’Est a capté 7,1 milliards de dollars d’IDE en 2016, soit 13% de plus qu’en 2015. Dopée par des investissements dans les secteurs des infrastructures et de la manufacture, l’Éthiopie a vu ses flux croître de 46% pour atteindre 3,2 milliards.

En Afrique de l’Ouest, les flux d’IDE ont crû de 12% pour s’établir à 11,4 milliards de dollars. Le Ghana, avec ses projets de transformation d’hydrocarbures et de cacao, affiche une croissance de 9% de ses IDE estimés à 3,5 milliards de dollars.

Sous-performance pour l’Afrique du Sud

En Afrique australe, les flux d’IDE ont chuté de 18% pour s’établir à 21,2 milliards de dollars. Dans le détail, 8 des 10 pays de la zone ont connu une baisse de leurs IDE. En Angola, ces flux ont baissé de 11% pour atteindre 14,4 milliards. L’Angola reste néanmoins le seul pays du continent à figurer parmi les 20 premières destinations mondiales en termes d’IDE. L’organisation onusienne souligne également la sous-performance de l’Afrique du Sud en 2016.

Le rapport pointe aussi les difficultés des pays les moins avancés (PMA), des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires, à capter des IDE. La Cnuced estime toutefois que « les investisseurs des pays en développement, en tête desquels on trouve la Chine, continuent d’accroître leurs activités dans les PMA. »

Retard sur le numérique

Le rapport de la Cnuced, qui se penche en particulier sur l’économie numérique, constate le retard des pays en développement dans ce domaine. « La présence de grandes multinationales du numérique dans les pays en développement demeure marginale », explique l’organisation dans un communiqué diffusé le 7 juin. « En outre, seulement 13% des filiales des 100 premières multinationales du numérique sont situées dans des pays en développement ou en transition, alors que cette proportion est d’environ 30% pour l’ensemble des multinationales. »

La Cnuced se veut toutefois plus optimiste pour l’année 2017. « Les investissements étrangers directs devraient reprendre en 2017 », estime-t-elle. Et d’ajouter : « Bien que les pays les moins avancés soient en mesure d’en attirer davantage dans les secteurs manufacturier et des services, les secteurs pétrolier et gazier demeureront à l’avenir les plus attractifs. »

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