Niger : condamné à trois mois de prison avec sursis, l’opposant Amadou Djibo fait appel

Le pont de Niamey, au Niger, 12 septembre 2011. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Un tribunal a condamné à trois mois de prison avec sursis l'opposant nigérien Amadou Djibo, pour incitation au complot visant à renverser le régime. Son avocat, qui dénonce une décision injustifiée, a fait appel.

Le leader du Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR), Amadou Djibo dit Max, a été condamné mardi 6 juin à trois mois de prison avec sursis. Il est accusé d’incitation au complot visant à renverser le régime du président Mahamadou Issoufou, a indiqué son avocat Me Souley Oumarou à Jeune Afrique.

L’opposant avait été interpellé par les forces de police alors qu’il retournait à son domicile de Niamey en provenance de la mosquée, le lundi 15 mai, puis interrogé par les enquêteurs dans le cadre d’une enquêteur préliminaire pour incitation au complot. Son domicile avait également été perquisitionné. Les autorités lui reprocheraient notamment un discours tenu début mai lors d’un meeting de l’opposition, dans lequel il aurait appelé au rassemblement contre le régime du président Mahamadou Issoufou.

Après l’annonce de sa condamnation mardi 6 juin, Amadou Djibo, qui avait passé sa première nuit en prison entre le 18 et le 19 mai, a été libéré en fin de journée, a indiqué Me Yayé Mounkaila, bâtonnier et également avocat de l’opposant, à Jeune Afrique.

Des vices de procédure 

« Le chef d’accusation, incitation au complot, est illégal : pour qu’il y ait complot, il faut qu’il ait entente entre au moins deux personnes. Or Amadou Djibo est le seul à avoir été inculpé. C’est un non-respect de la loi », s’est indigné Me Souley Oumarou, contacté par Jeune Afrique. « Par ailleurs, tout le procès se basait sur le fait qu’Amadou Djibo aurait fait un appel à se lever contre le président. Cela ne veut pas dire renverser l’État, en quoi peut-on parler d’une atteinte à la sécurité de l’État ? » s’est-il interrogé.

Me Souley Oumarou a également assuré avoir remarqué des irrégularités dans la procédure, avec notamment des documents audio qui n’auraient pas pu être écouté par la défense. « La loi n’a pas été appliquée, nous faisons donc appel de la décision » a-t-il conclu. Alors que Amadou Djibo passait en jugement mardi 23 mai, ses avocats avaient déjà avancé plusieurs vices de procédure et obtenu du juge qu’il mette l’affaire en délibéré au 26 mai. La défense avait notamment dénoncé une mauvaise transcription d’un discours prononcé par son client en langue locale et sur lequel s’appuie l’accusation.