« Mon premier Ramadan » : le chanteur guinéen Soul Bang’s témoigne

Souls Bang's (Souleymane Bangoura) lauréat du prix RFI et un des chef de file de la musique urbaine en Guinée, en janvier 2017, à Conakry. © Youri Lenquette/JA

Lauréat 2016 du prix Découvertes de RFI, l'artiste guinéen Soul Bang's, 24 ans, marque une pause dans sa tournée africaine pour raconter son premier Ramadan à Jeune Afrique.

Mon tout premier jeûne, je devais avoir 9 ou 10 ans, peut-être 11. À l’époque, je vivais en banlieue de Conakry, à Simbaya 1, le quartier où j’ai grandi. Honnêtement, j’ai à peine tenu deux jours. Mon père m’a alors sommé de ne pas faire le Ramadan pour le moment car j’étais bien trop jeune. Et le Ramadan, c’est la totalité des trente jours ou rien. Ce n’est que quelques années plus tard, à l’âge de 14 ans, que je m’y suis attelé plus sérieusement.

Au début, j’ai vraiment trouvé cela étrange, après tout je n’avais pas l’habitude. Je me souviens très bien de la première semaine, où j’ai bu de l’eau de manière presque accidentelle. Avec les copains, on jouait au foot au quartier. À la fin de la partie, fatigué, essoufflé, j’ai demandé à boire pour me désaltérer, le plus naturellement du monde. Franchement, je ne me rendais même pas compte de ce que je faisais à cet instant. Après une gorgée, un de mes amis m’a interpellé : « Tu sais que tu fais le Ramadan ? » J’avais réellement oublié que j’étais en plein jeûne.

Enchaîner les concerts et jeûner en même temps

Je n’étais pas très fier, mais j’ai quand même tout raconté à ma mère. Heureusement, elle m’a rassuré en me disant que ce n’était pas grave puisque je ne l’ai pas fait intentionnellement. Du coup, j’ai pu poursuivre mon jeûne avec sérénité. Les débuts étaient vraiment difficiles, mais j’ai fini par m’y habituer à mesure que les jours passaient. Et depuis, je pratique le Ramadan chaque année, sauf quand je suis malade ou d’autres cas de ce genre.

En ce moment, je suis en pleine tournée en Afrique. Pour moi, c’est une première d’enchaîner les concerts et jeûner en même temps. Ce n’est vraiment pas simple, surtout dans une ville comme N’Djamena au Tchad où le climat est particulièrement sec. Mais le Ramadan reste un des cinq piliers de l’Islam, donc c’est important de le respecter.

 

 

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