France : un policier agressé devant Notre-Dame par un homme se présentant comme un étudiant algérien

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers devant Notre-Dame, à Paris, le 6 juin 2017. © Matthieu Alexandre/AP/SIPA

Un homme a tenté de frapper un gardien de la paix à l'aide d'un marteau ce mardi après-midi sur le parvis de Notre-Dame, à Paris. L'agresseur, neutralisé par un tir de riposte, a prétendu être un étudiant algérien et un "soldat du califat" État islamique.

Armé d’un marteau, un homme, revendiquant être un « soldat du califat » du groupe État islamique a attaqué un policier mardi 6 juin sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. L’un des collègues du policier a riposté, blessant l’assaillant au thorax. L’homme est alors tombé au sol devant le monument, l’un des lieux les plus visités en Europe, avec 13 millions d’entrées par an, avant d’être transféré vers un hôpital. Un témoin a rapporté à l’AFP avoir entendu « crier très fort », puis vu « un mouvement de foule ». « Les gens ont paniqué, j’ai entendu deux coups de feu, vu un homme étendu par terre, du sang partout », a-t-il ajouté.

Un périmètre de sécurité a rapidement été installé sur le parvis et au moins mille personnes ont été confinées à l’intérieur de la cathédrale aux alentours de 15 heures, comme le montrent plusieurs photos publiées sur les réseaux sociaux. Selon un internaute, la police leur avait demandé de garder les mains en l’air.

Après des « vérifications d’usage », le public a finalement été progressivement autorisé à sortir, selon la préfecture de police, qui a assuré sur Twitter dès 17h20 que la situation était « maîtrisée ».

Un étudiant algérien, dont l’identité est en cours de vérification

« C’est pour la Syrie! » a crié l’assaillant en passant à l’action, selon le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb, qui s’est rendu sur place peu de temps après l’incident. « C’était quelqu’un qui se présentait comme un étudiant algérien, il était muni d’une carte dont nous devrons vérifier l’authenticité », a par ailleurs affirmé le ministre à la presse, précisant que l’agresseur, blessé par des tirs de riposte – mais dont les jours ne sont pas en danger -, avait également en sa possession « des couteaux de cuisine ».

De son côté, le policier agressé a été légèrement blessé, a-t-on appris de source policière. L’agresseur aurait « apparemment » agi seul selon le ministère de l’Intérieur. Une source proche de l’enquête a également affirmé que celui-ci s’était revendiqué comme « un soldat du califat » de l’organisation État islamique.

Une enquête ouverte

La section antiterroriste du parquet de Paris a aussitôt ouvert une enquête en flagrance confiée à la section antiterroriste de la brigade criminelle et à la direction générale de la sécurité intérieure. Avec quelque 13 millions de visiteurs, pèlerins et fidèles par an, la cathédrale Notre-Dame de Paris est le deuxième site touristique le plus fréquenté de France après Disneyland Paris. En moyenne, plus de 30 000 personnes y entrent chaque jour, et jusqu’à 50 000 personnes en période de grande affluence.

L’attaque intervient trois jours après un attentat perpétré samedi soir au cœur de Londres, revendiqué par le groupe jihadiste État islamique (EI), et qui a fait sept morts. La France a connu depuis janvier 2015 une vague inédite d’attentats sur son sol qui ont fait au total 239 morts et des centaines de blessés. Plusieurs de ces attaques ou tentatives ont visé des militaires ou des policiers.

La dernière en date avait eu lieu le 20 avril, sur les Champs Élysées, coûtant la vie à un policier de 37 ans, tués de deux balles dans la tête. Deux autres agents et une passante allemande avaient également été blessés. L’assaillant avait finalement été abattu.