États-Unis : accusé d’agression sexuelle, l’acteur Bill Cosby devant les juges

Par Jeune Afrique avec AFP

Bill Cosby arrive au tribunal d'Elkins Park (Pennsylvanie), le 30 décembre 2016. © MEL EVANS/AP/SIPA

Le procès pour agression sexuelle de l'ancienne star de la télévision Bill Cosby s'est ouvert, pour deux semaines, lundi 5 juin à Norristown, dans l'Est des États-Unis. L'acteur faisait face à l'une des ses victimes présumées, Kelly Johnson.

Âgé de 79 ans, le créateur et acteur de la série The Cosby Show, qui l’a rendu célèbre dans les années 80, doit répondre devant un jury venu de Pittsburgh d’accusations d’agression sexuelle. Ces dernières années, une soixantaine de femmes ont mis en cause William Henry Cosby Junior, dit Bill.

Ses avocats ont longtemps cherché à bloquer la diffusion des témoignages de ces femmes. Notamment celui recueilli en 2005 auprès d’Andrea Constand, ex-directrice du club de basket de Temple University, où Cosby a étudié et où il était membre du conseil d’administration. La Canadienne de 44 ans, qui affirme avoir été agressé sexuellement par Bill Cosby début 2004, lors d’une visite au domicile de l’acteur dans la banlieue de Philadelphie, est la seule des victimes pour qui les faits ne sont pas encore prescrits pénalement. L’humoriste l’aurait incitée à boire du vin et à ingérer des pilules, ce qui l’aurait rendue incapable de résister à ses assauts.

Bill Cosby a reconnu lui avoir fait avaler un puissant sédatif

Dans la transcription d’une déposition datant de 2005, mais seulement rendue publique en juillet 2015, Bill Cosby avait reconnu lui avoir fait avaler un puissant sédatif pour avoir des relations sexuelles avec elle. Mais l’acteur avait aussi assuré qu’il s’agissait d’une relation consentie et insisté sur le fait que la jeune femme n’avait, à aucun moment, signalé un quelconque refus. En l’absence de témoins et d’éléments matériels, le procès est désormais suspendu au témoignage d’Andrea Constand.

L’assistante de l’agent de Bill Cosby témoigne

Lundi 5 juin, dans l’après-midi, le procès s’est ouvert avec le témoignage d’une autre victime, dont les accusations ne font pas l’objet de poursuites. Admise comme témoin, Kelly Johnson a raconté, en larmes, comment en 1996, l’acteur avait insisté pour qu’elle absorbe une pilule et du vin, avant de se livrer à des attouchements, dans le bungalow d’un hôtel californien. Assistante de l’agent de Bill Cosby à l’époque, Kelly Johnson a expliqué avoir été « extrêmement intimidée ». Après l’incident, l’acteur aurait obtenu son licenciement pour faute professionnelle, a-t-elle soutenu. Selon elle, la vedette est un manipulateur, profitant de sa notoriété pour arriver à ses fins.

Brian McMonagle, le principal avocat de Bill Cosby, a cherché durant l’audience à discréditer ce premier témoignage, assurant qu’elle a tantôt cité la date de 1990 pour l’incident du bungalow, tantôt celle de 1996. Kelly Johnson s’est défendue, affirmant ne pas se souvenir avoir fait évoluer sa version. De son côté, Andrea Constand est attendue dans les prochains jours pour témoigner.

Dix ans de prison en cas de culpabilité

« La confiance, la trahison, et l’incapacité de donner son consentement, voilà sur quoi repose ce dossier », a expliqué à l’AFP l’adjointe du procureur du comté de Montgomery, Kristen Feden. « Aujourd’hui, avec votre aide, j’ai l’occasion de réparer une injustice », a, pour sa part, dit au jury l’avocat de la star, pour qui une « accusation infondée » est pire qu’une agression sexuelle.

Lors de la seule interview qu’il ait donnée depuis son inculpation, Bill Cosby a assuré qu’il ne témoignerait pas lors du procès. Pour le soutenir, la comédienne Keshia Knight Pulliam, qui a interprété l’une de ses filles dans le Cosby Show, était présente à l’ouverture du procès. « Je suis venue pour le soutenir parce que c’est ici que vous examinez les faits, ici que la vérité éclate » a-t-elle fait valoir.

Le procès doit durer deux semaines. À l’issue de celui-ci, si le jury déclare Bill Cosby coupable d’un ou plusieurs des trois chefs d’accusation dont il est soupçonné, l’acteur pourrait être condamné à passer, au minimum, dix ans derrière les barreaux. D’autre part, d’après l’AFP, d’autres procédures seraient encore en cours au civil.