Maroc : deux nouveaux meneurs de la contestation populaire arrêtés

Par Jeune Afrique avec AFP

Les manifestants face aux forces de sécurité à Imzouren près d'Al-Hoceima le 2 juin 2017. © Stringer/AFP

Deux nouveaux meneurs de la contestation populaire qui agite depuis sept mois la région d'Al-Hoceïma dans le nord du Maroc ont été arrêtés lundi, ont indiqué un avocat et un militant.

Nabil Ahamjik, considéré comme le numéro deux du « hirak » (la « mouvance », mouvement qui anime la contestation), a été interpellé, a annoncé sur les réseaux sociaux Abdessadek El Bouchtaoui, avocat et membre du collectif de défense des détenus de ce mouvement.

Nabil Ahamjik était recherché depuis plus d’une semaine. Il avait posté deux vidéos sur les réseaux sociaux appelant à la poursuite de la mobilisation « pacifique » après la vague d’arrestations qui avait visé fin mai à Al-Hoceïma le noyau dur du « hirak », dont son leader Nasser Zefzafi.

Une jeune femme, Silya Ziani, l’une des nouvelles figures du mouvement, présente dans toutes les manifestations de ces derniers jours, a également été interpellée en périphérie d’Al-Hoceïma, alors qu’elle se rendait en taxi avec d’autres militants à Casablanca, a indiqué à l’AFP l’un d’entre eux. Les personnes qui l’accompagnaient ont elles été relâchées, a expliqué la même source.

Manifestations quotidiennes

Al-Hoceïma est depuis sept mois l’épicentre d’un mouvement de contestation revendiquant le développement du Rif, région historiquement frondeuse et géographiquement enclavée, que les protestataires jugent « marginalisée » par l’Etat.

Le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, avait interrompu le 26 mai le prêche de l’imam dans une mosquée. Une quarantaine de personnes, dont Nasser Zefazfi ont été interpellées depuis. Vingt d’entre elles ont été présentées au parquet à Casablanca et placées en détention pour, notamment, « tentative d’homicide volontaire, atteinte à la sécurité intérieure, incitations contre l’intégrité du royaume (…) et autres crimes ».

Des manifestations quotidiennes -nocturnes pour cause de ramadan- ont eu lieu toute la semaine dans la ville d’Al-Hoceïma et la localité voisine d’Imzouren (autre haut-lieu de la contestation), mais la mobilisation était en baisse ce weekend à Al-Hoceïma où la police se déploie désormais au coeur des quartiers protestataires pour empêcher les regroupements.

Hormis quelques heurts ponctuels, le mouvement est resté « pacifique », mot d’ordre revenant en boucle chez les manifestants.