RDC : l’ONG Human Rights Watch appelle les dirigeants africains à faire pression sur Kabila

Par Jeune Afrique avec AFP

Joseph Kabila, président de la RDC, le 29 juin 2010 à Kinshasa. © Olivier Pollet/AP/SIPA

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé jeudi 1er juin les chefs d'État à faire pression sur le régime du président congolais Joseph Kabila, pour assurer la tenue d'une élection présidentielle cette année en RDC.

« Les dirigeants régionaux devraient exercer des pressions sur le gouvernement de Kabila pour qu’il mette fin aux abus et organise d’urgence des élections crédibles » à la fin de cette année, a déclaré à l’AFP Ida Sawyer, directrice de HRW pour l’Afrique centrale. « Nous parlons des dirigeants de l’Union africaine mais aussi de l’Afrique centrale et de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), notamment l’Angola », a-t-elle précisé. Ces pressions peuvent « inclure des déclarations publiques et/ou des conséquences dans leurs relations bilatérales avec la RDC ».

Nouvelles sanctions américaines et européennes

L’Union européenne (UE) a, de son côté, pris des mesures lundi 29 mai pour infliger des sanctions individuelles à neuf responsables de l’appareil sécuritaire de République démocratique du Congo. Trois ministres, dont le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Lambert Mende, ainsi que d’anciens ministres du régime Kabila sont concernés et visés pour de « graves violations des droits de l’Homme ».

Ces neuf responsables congolais sont désormais interdits de voyage dans l’Union européenne, et leurs avoirs y ont été gelés. Ces sanctions, prises par le Conseil Européen « en réponse aux entraves au processus électoral et aux violations des droits de l’Homme qui y étaient liées », ont été saluées par Ida Sawyer.

Elle a également évoqué les mesures annoncées jeudi 1er juin par Washington à l’encontre du général François Olenga, chef de la maison militaire de Joseph Kabila. « Les nouvelles sanctions ciblées de l’UE et des États-Unis à l’encontre de hauts responsables congolais et d’intérêts commerciaux, envoient un message puissant : la répression violente menée par le gouvernement à l’encontre d’activistes, de journalistes et de l’opposition politique a un coût élevé », a-t-elle commenté.

Quid du Conseil de sécurité de l’ONU ?

À Kinshasa, des responsables politiques de la majorité ont jugé « arbitraire » les mesures prises par l’UE mais pour la directrice de HRW en Afrique centrale, « le Conseil de sécurité de l’ONU devrait aussi imposer de nouvelles sanctions ciblées » contre des responsables congolais.

La RDC traverse une crise politique née du maintien au pouvoir du président Kabila, au-delà de la fin de son mandat, lequel a expiré le 20 décembre 2016. Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Un accord conclu le 31 décembre entre la majorité et l’opposition prévoit la tenue de la présidentielle à la fin de cette année, mais cette échéance semble aujourd’hui bien hypothétique.