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Climat : les États-Unis sortent de l’accord de Paris, le fonds vert et l’Afrique en première ligne ?

Donald Trump jeudi 1er juin à la Maison Blanche à Washington aux Etats-Unis. © Susan Walsh/AP/SIPA

Après avoir longtemps entretenu le suspense, le président américain a finalement annoncé ce jeudi la sortie des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, semant la consternation parmi les 194 autres pays signataires du texte. Conclu fin 2015, il vise à contenir le réchauffement climatique et prévoit la mise en place d'un fonds d'aide financière destiné aux pays les moins avancés.

Au-delà de la portée symbolique de la décision annoncée par Donald Trump ce jeudi 1er juin, puisque les États-Unis sont le deuxième émetteur mondial de dioxyde de carbone (CO2) derrière la Chine, les inquiétudes financières sont nombreuses. Et tout particulièrement concernant le Fond vert pour le climat (FVC), auquel les États-Unis d’Obama s’étaient engagés à contribuer à hauteur de trois milliards de dollars. Ce fonds doit réserver la moitié de sa dotation aux États insulaires et aux pays les moins avancés, majoritairement situés en Afrique.

Les États-Unis plus gros contributeur du fonds

Cet instrument financier de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (dont 23 % du budget dépend des Etats-Unis) a pour objectifs de limiter ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et d’aider les communautés vulnérables à s’adapter aux impacts déjà ressentis des changements climatiques en finançant des initiatives locales (salinisation des sols au Sénégal, développement de l’énergie solaire en Afrique de l’Est).

L’administration Obama avait déjà assuré le versement d’un des trois milliards promis, dont 500 millions trois jours avant l’investiture de Donald Trump. Mais la mise en place de ce fonds sur le terrain est laborieuse, les procédures lourdes et le continent africain, qui peine encore financièrement à mettre en oeuvre des initiatives tenant compte du changement climatique, pourrait bien subir de plein fouet la volte-face américaine. 28 pays africains ont pour l’heure ratifié l’accord de Paris.

Pour Donald Trump, l’accord de Paris est « injuste »

Cette décision est néanmoins assez peu surprenante dans la mesure où Donald Trump avait, pendant la campagne présidentielle, affiché son scepticisme vis-à-vis de la question du réchauffement climatique et de l’accord de Paris qu’il estimait « injuste » pour l’économie américaine. En 2012, alors qu’il n’était pas encore engagé en politique, il était même allé jusqu’à qualifier le réchauffement climatique de concept inventé « par les Chinois pour nuire à la compétitivité des entreprises américaines ».

Son projet de budget publié en mars dernier et intitulé « America First » (« L’Amérique en premier »), avait confirmé la volonté du nouveau chef d’Etat américain de réduire drastiquement l’aide américaine dans le domaine de l’écologique et de l’aide au développement. « J’ai été élu pour représenter les habitants de Pittsburgh, pas de Paris », a lancé mercredi le président Trump, qui a mis en avant la défense des emplois américains.

Réponse commune de Paris, Rome et Berlin

De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d’Etats américains ont immédiatement organisé la résistance, promettant qu’au niveau local, l’Amérique continuerait d’avancer vers une économie verte.

De même, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l’urgence d’agir face au réchauffement tout comme plusieurs leaders européens. S’ils « regrettent » cette décision, Berlin, Paris et Rome ont souligné, dans un communiqué commun, que l’accord ne pouvait en aucun cas être renégocié.

Concrètement, le 45e président américain devrait invoquer l’article 28 de l’accord de Paris, qui permet aux signataires d’en sortir. Mais en raison de la procédure prévue, cette sortie ne deviendrait effective qu’en 2020. Cependant, a pris soin de préciser le président, les États-Unis cessent « dès aujourd’hui » de l’appliquer. Affichant sa volonté de négocier un « nouvel accord » ou de renégocier l’accord existant, Donald Trump est resté extrêmement vague sur les engagements que les États-Unis seraient alors prêts à prendre.

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