Afrique du Sud : le taux de chômage atteint un niveau jamais vu depuis 14 ans

Par Jeune Afrique

Des milliers de Sud-Africains se rassemblent devant le siège du gouvernement à Pretoria, le 7 avril 2017. © AP/Sipa

Le taux de chômage s'est établi à 27,7% au premier trimestre 2017, contre 26,5% au dernier trimestre 2016, d'après un rapport de l'agence nationale des statistiques, basée à Pretoria, publié jeudi 1er mai.

Il s’agit du taux de chômage le plus important depuis 2003, selon les données du Fonds monétaire international (FMI). Si l’on prend en compte les chômeurs découragés qui ont arrêté de chercher du travail, le taux de chômage atteint 36,4%, contre 35,6% au dernier trimestre 2016, a détaillé le bureau national des statistiques, Statistics South Africa (SSA).

L’économie la plus industrialisée du continent a connu une croissance de 0,3% en 2016, soit sa plus mauvaise performance depuis la récession de 2009 qui avait été provoquée par la sécheresse, la chute des prix des matières premières et une faible demande dans les marchés à l’export. Une situation qui a pénalisé la création d’emploi : au premier trimestre 2017, le nombre de chômeurs a augmenté de 433 000 pour atteindre un total de 6,2 millions.

La Banque centrale prévoit une croissance du PIB de 1% cette année et de 1,5% en 2018. Cette reprise timide prévue ne pourra pas empêcher le chômage d’augmenter à nouveau, a estimé le FMI en mai.

Des secteurs et des économies diversement touchés

Dans le détail, le secteur agricole a perdu 44 000 emplois, celui du commerce en a perdu 15 000. L’industrie manufacturière a, elle, embauché 62 000 personnes de plus au premier trimestre 2017. Le secteur des services sociaux et communautaires, qui inclut le gouvernement, est le premier employeur du pays.

Le chômage a augmenté dans sept des neuf provinces du pays, selon le SSA. La province occidentale du Cap affiche le taux de chômage le plus faible. C’est aussi la seule province gouvernée par l’Alliance démocratique, principal parti d’opposition.

Notation de la dette souveraine

Il y a cinq ans, le gouvernement s’était engagé, dans son plan économique, à réduire le taux de chômage à 14% en 2020 et 6% en 2030. L’ANC, le parti au pouvoir, qui a réalisé sa pire performance électorale lors des élections municipales en août, doit élire ses nouveaux dirigeants à la fin de l’année.

En avril, les agences de notation Fitch Ratings et S&P Global Ratings avaient toutes les deux dégradé leur note des obligations d’État en devise étrangère, passées en « dettes pourries » à la suite d’un remaniement ministériel lors duquel le ministre des finances Pravin Gordhan avait été remplacé par Malusi Gigaba. Elles avaient justifié leur décision par l’incertitude politique et la croissance atone du pays.