Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara gèle les nominations au Conseil Café Cacao

Par - À Abidjan

Le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara à Dakar le 13 mai 2011. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Le chef de l’État ivoirien Alassane Dramane Ouattara a gelé, mercredi 31 mai, toutes les nominations des nouveaux administrateurs du Conseil Café Cacao (CCC), l’organe public chargé de la gestion de la filière café cacao.

Cinq noms avaient été proposés pour le renouvellement d’une partie des membres du conseil d’administration du CCC, en place depuis le 12 janvier 2012. Il s’agissait du représentant du ministère du commerce, Ahmed Diomandé, actuel directeur de cabinet adjoint du ministre du commerce, de l’artisanat et des PME, de Sylvie Glaourou, planteur de café et de cacao à Duekoué (Ouest), de Djikalou Martyrs, secrétaire exécutif du Groupement des professionnels du cacao en Côte d’Ivoire (GPCCI), qui représente une partie des exportateurs nationaux dont beaucoup ont accumulé des défauts de contrats, de Mariame Francoise Bédié, secrétaire exécutive du Groupement des exportateurs de cacao, la principale association des broyeurs et exportateurs de fèves (GEPEX) et de Guy Koizan, président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBFECI).

Ces nominations avaient pourtant fait l’objet d’une communication à la suite du conseil des ministres qui s’est tenu à la présidence dans la journée, avant d’être finalement gelées par le chef de l’État. « Certains noms proposés posent problème et des vérifications supplémentaires sont en cours », a confié à Jeune Afrique une source proche de la présidence.

Polémique sur les contrats non exécutés

« Ce n’est pas la première fois que des nominations sont gelées », a confié Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement. Le Conseil Café Cacao a été au cœur d’une polémique au premier trimestre quand plusieurs opérateurs de la filière s’étaient déclarés insolvables pour exécuter leurs contrats, l’obligeant à remettre sur le marché le volume des contrats non exécutés à un prix très bas. Le gouvernement avait été obligé de réactiver le comité interministériel des matières premières qui n’existait plus depuis la réforme de la filière café-cacao en 2012.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a déjà vendu à l’avance près de 940 000 tonnes de la production de la campagne 2017-2018, à un prix moyen de 1 330 F CFA (2,02 euros) le kg, selon Reuters, qui ajoute que le pays compte vendre sur le marché à terme un total de 1,2 millions de tonnes de fèves brunes avant la fin septembre.