Gabon : pas de « troisième dialogue » mais un gouvernement d’ouverture

Le comité préparatoire au dialogue politique gabonais, fin février 2017. © Gouvernement gabonais

À peine le dialogue national politique achevé, la classe politique gabonaise s’agite autour de la possibilité d’une nouvelle concertation, proposée par deux proches de Jean Ping. Le gouvernement y est opposé mais a laissé la porte ouverte à ceux "qui ont contribué à ce qu’il y ait apaisement dans le pays".

Comme on pouvait s’y attendre, les conclusions du dialogue politique national, rendues le 26 mai dernier, ont donc relancé, s’il le fallait, les hostilités entre la majorité et la galaxie Jean Ping. Première étape : deux soutiens de ce dernier, l’ancien Premier ministre Casimir Oyé Mba et l’ancien président de l’Assemble nationale Guy Nzouba Ndama, ont appelé à une nouvelle rencontre, pour concilier les positions issues des concertations organisées respectivement par Jean Ping et Ali Bongo Ondimba.

Un appel du pied à ABO et une demi-surprise en réalité. Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama avaient en effet suivi le mot d’ordre de Jean Ping et refusé de participer au dialogue politique national, mais l’ancien président de l’Assemblée nationale confiait depuis plusieurs semaines en privé qu’il estimait que les deux adversaires devaient reprendre contact en vue de concertations.

Une position qui n’a guère été appréciée dans l’entourage de Jean Ping, où l’on prononce d’ores et déjà le mot « trahison ». L’ancien président de la Commission de l’Union africaine doit s’exprimer vendredi 2 juin sur ces évolutions et l’on peut donc s’attendre à un recadrage.

Pas de « troisième dialogue », dit le gouvernement

D’autant que la proposition de Casimir Oyé Mba et Guy Nzouba Ndama n’a pas non plus fait mouche dans le camp présidentiel. C’est là qu’intervient la deuxième étape de la relance des hostilités : le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Billie-By-Nzé, a assuré, mercredi 31 mai, qu’il n’y aurait pas de « troisième dialogue ».

« Vous avez d’un côté une discussion qui a eu lieu entre acteurs d’un même camp politique, entre ce qu’on a appelé la Galaxie. De l’autre côté, vous avez des négociations entre majorité et opposition qui ont impliqué la société civile. Vous n’allez tout de même pas mettre les deux sur un pied d’égalité pour demander une synthèse », a-t-il expliqué. Et de conclure : « Il n’y a pas de synthèse à faire ».

Vers un gouvernement d’ouverture

La balle est donc, pour quelques heures, dans le camp de Jean Ping, dont on attend la conférence de presse ce 2 juin. L’enjeu, pour lui, est désormais de tenir ses troupes. Car, comme Alain-Claude Billie-By-Nzé l’a confirmé jeudi 31 mai, un nouveau gouvernement va bien être formé prochainement.

Au terme du dialogue politique national, « il fera de la place aux uns et autres, aux différents acteurs qui ont contribué à ce qu’il y ait apaisement dans le pays », a confié le ministre, qui n’aura pas manqué d’être entendu par toute la classe politique gabonaise.

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