Niger : 44 migrants dont des bébés retrouvés morts dans le désert

Par Jeune Afrique avec AFP

Sépulture de migrants retrouvés morts de soif dans le désert nigérien en 2013. © Almoustapha Alhacen/AP/SIPA

Des migrants tentant de traverser le désert du Niger pour se rendre en Libye ont trouvé la mort dans la région d'Agadez. 44 corps ont été retrouvés mercredi 21 mai.

Une quarantaine de migrants, parmi lesquels des bébés, ont été retrouvés morts en plein désert à proximité d’Agadez, dans le nord du Niger, alors qu’ils tentaient de se rendre en Libye voisine, puis probablement vers l’Europe rapporte l’AFP. La cause de leur mort, avancée par des sources sécuritaires, serait la soif après que leur véhicule est tombé en panne. Le maire d’Agadez, Rhissa Feltou et une équipe de la Croix Rouge sur place font état de 44 migrants morts.

Selon la BBC, il s’agirait essentiellement de ressortissants ghanéens et nigérians. De plus, six survivants auraient pu rejoindre à pied un oasis appelé Ashougour.

Trafic d’être humains à Agadez

Agadez représente aujourd’hui une plate tournante pour le trafic d’êtres humains. Pour lutter contre les trafiquants, Niamey a voté en 2015 une loi très sévère rendant leurs crimes passibles de peines pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison. Le trafic a diminué mais, début mai, huit migrants nigériens dont cinq enfants avaient déjà été retrouvés morts dans le désert nigérien alors qu’ils tentaient de se rendre en Algérie voisine.

À la mi-mai, ce sont quarante migrants ouest-africains, abandonnés par leur passeur sur la route pour l’Europe via la Libye, qui avaient été secourus par l’armée en plein désert du nord du Niger. Ces clandestins, dont des femmes, étaient des ressortissants de la Gambie, du Nigeria, de la Guinée, du Sénégal et du Niger.

L’Italie et l’Allemagne ont récemment réclamé l’ouverture d’une mission de l’UE à la frontière nigéro-libyenne pour lutter contre l’immigration clandestine vers l’Europe, selon une lettre adressée à la Commission européenne. Entre janvier et mi-avril, l’Italie aurait vu arriver 42 500 personnes par la mer dont « 97% ont embarqué en Libye » d’après l’AFP.