Algérie : Mellah, le miraculé

Le nouveau président Ben Bella (à g.) et son ministre de la Défense, Houari Boumédiène en septembre 1962, au lendemain de l'indépendance. © KAHIA/ARCHIVES J.A.

Témoin privilégié de près d’un demi-siècle d’histoire, Rachid Benyelles révèle dans ses Mémoires les secrets et les dessous d’événements clés qui ont façonné le destin du pays.

Condamné par Boumédiène, gracié par Chadli Bendjedid, promu sénateur par Bouteflika. Le destin du commandant Amar Mellah aurait pu s’arrêter net devant un peloton d’exécution n’eût été la mansuétude de Boumédiène. Nous sommes le 25 avril 1968.

Le président part déjeuner chez l’un de ses ministres. Sur le chemin, son véhicule est la cible de tirs de la part d’inconnus. Par miracle, il échappe à la mort grâce à son chauffeur, qui lui sert de garde du corps. Blessé à la joue gauche, il est opéré d’urgence. L’attentat a été perpétré par les hommes d’Amar Mellah, déjà impliqué dans le putsch avorté contre Boumédiène en 1967. Trois jours après la tentative d’assassinat, le président reçoit en robe de chambre dans sa petite villa quatre jeunes officiers de l’armée.

L’un d’entre eux lui demande de faire passer par les armes les auteurs et les commanditaires. Pas question de faire de ces condamnés à mort des martyrs, rétorque-t-il. Après plusieurs années passées en prison, le commandant Mellah est gracié en 1979. Vingt ans plus tard, il est désigné sénateur du tiers présidentiel. De la rugosité des cellules aux ors du Sénat, l’ancien maquisard aura connu un destin peu commun.