Fermer

Algérie : le trésor caché de Ben Bella

Ahmed Ben Bella, leader du Front de Libération Nationale (FLN), libéré après la signature des accords d'Évian et la proclamation du cessez-le-feu le 19 mars 1962, et Houari Boumédiène,commandant de l'Armée des frontières (ALN) , au Maroc, au printemps 1962. © Archives Jeune Afrique

Témoin privilégié de près d’un demi-siècle d’histoire, Rachid Benyelles révèle dans ses Mémoires les secrets et les dessous d’événements clés qui ont façonné le destin du pays.

Où est passé le magot amassé par le premier président algérien, Ahmed Ben Bella, dans le cadre du fonds de solidarité nationale (« sandouq tadhamoun ») ? Plus de cinquante-quatre ans après son lancement, les Algériens s’interrogent encore sur sa destination finale, tandis que certains ne désespèrent pas de récupérer une partie des biens qu’ils ont généreusement offerts à Ben Bella.

L’affaire remonte à 1963, un an après l’indépendance. Les caisses du jeune État étant désespérément vides, le président en appelle à la générosité de ses compatriotes pour financer des projets contre la pauvreté, le chômage et la précarité. Par centaines de milliers, les Algériens mettent à sa disposition argent et bijoux au prix de grands sacrifices et de privations. L’opération est un succès. Sauf que ce trésor disparaîtra rapidement.

Cachette secrète

On en retrouvera une partie dans un coin du bureau de Ben Bella à la villa Joly, la résidence où il s’est installé avant sa destitution le 19 juin 1965 par les hommes de Houari Boumédiène. Le magot est transféré à la caserne Ali-Khodja, qui tenait lieu de siège du ministère de la Justice. C’est là aussi qu’avaient été déposés les ossements de deux héros de la révolution, le colonel Amirouche et son compagnon d’armes, Si Al Houes.

Le trésor de Ben Bella est entreposé dans une casemate dont l’existence n’est connue que de deux personnes : le directeur des Finances et le secrétaire général de la Défense. Pendant deux décennies, il est tenu à l’abri des regards, jusqu’à l’arrivée, en novembre 1984, de Rachid Benyelles à la tête du secrétariat général de la Défense. Informé de son existence, il ordonne aussitôt un inventaire complet, avant de le déposer à la Banque d’Algérie.

À combien s’élevait le montant du « sandouq » ? Nul ne le sait avec exactitude. Ferhat Abbas, président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de 1958 à 1961, estimait la valeur du trésor à plus de 2 milliards d’anciens francs en pièces d’or et en devises étrangères.

Couverture

L’actu n’attend pas !


Couverture

Accédez à toute l'actualité africaine où que vous soyez en souscrivant à l'Edition Digitale de Jeune Afrique

Je m'abonne J'achète ce numéro