Côte d’Ivoire : « un terrain d’entente » trouvé entre les ex-rebelles démobilisés et le gouvernement

Le 6 novembre 2004, le bombardement du camp français de la force Licorne faisait dix morts, dont Robert J. Carsky. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Une délégation de démobilisés - d'anciens rebelles non-intégrés à l'armée - a été reçue par le ministère de l'Intérieur pour "discuter", une semaine après leur manifestation ayant coûté la vie à quatre d'entre eux. Un "terrain d'entente" a été trouvé, ont annoncé mercredi 31 mai leur porte-parole ainsi que le ministre de l'Intérieur.

« Nous sommes très satisfaits, nous avons trouvé un terrain d’entente très bon pour nous », a affirmé mercredi à Jeune Afrique Diomandé Megbé, l’un des porte-parole des démobilisés. « Nous avons rencontré le ministre Hamed Bakayoko mardi après-midi, nous avons eu un dialogue très franc. Le gouvernement nous a assuré que des moyens seront mis à notre disposition, mais nous n’en connaissons pas encore les détails, nous en serons avisés plus tard », a ajouté Diomandé Megbé.

« On ne paie pas les primes, mais nous avons trouvé un terrain d’entente », a affirmé à l’AFP le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, sans donner plus de détail.

« Nous avons demandé pardon »

Ces dernières semaines, les démobilisés – en majorité d’anciens rebelles des ex-Forces nouvelles – avaient bruyamment rappelé au gouvernement leurs revendications financières : le paiement de 18 millions de Francs CFA (environ 27 000 euros) à chaque démobilisé. Une somme bien supérieure aux 12 millions obtenus par les mutins, qui contrairement aux démobilisés avaient été intégrés à l’armée après le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).

« Nous avons demandé pardon afin d’apaiser les cœurs de chacun. Nous demandons aussi à Alassane Ouattara, qui est notre papa et que nous voulons accompagner, de ne pas nous oublier », a encore ajouté Diomandé Megbé, porte-parole d’une délégation endeuillée.

Cinq morts dans les rangs des démobilisés 

Le 23 mai dernier, les revendications des démobilisés avaient en effet tourné au drame à Bouaké. Alors qu’ils bloquaient l’entrée sud de la deuxième ville du pays, épicentre des mutineries de janvier et mai, leur dispersion par les forces de l’ordre avait fait quatre morts dans leurs rangs.

Un bilan d’autant plus lourd qu’un autre démobilisé avait également été tué à Bouaké quelques jours auparavant. Le 14 mai, des mutins avaient en effet ouvert le feu sur les démobilisés, les accusant de compromettre le paiement de leurs primes en raison de leurs revendications financières similaires.

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