Tunisie : arrestation de six membres présumés de l’organisation terroriste Jund al-Khilafa

Par Jeune Afrique avec AFP

Des membres de la brigade anti-terrorisme, dans la banlieue de Tunis. © Aimen Zine/AP/SIPA

L'opération, menée par les autorités dans l'ouest de la Tunisie, a conduit à l'arrestation de six membres présumés de l'organisation Jund al-Khilafa mardi 30 mai, au lendemain de la mort d'un dirigeant jihadiste.

Six personnes soupçonnées de liens avec l’organisation terroriste Jund al-Khilafa ont été arrêtées à Hassi Ferid et Tunis dans le cadre d’une opération antiterroriste lancée dans l’ouest du pays. Selon le Ministère de la Justice, elles appartenaient à des  « cellules dormantes » de Jund al-Khilafa (« soldats du califat » en arabe), groupe ayant déjà mené des opérations jihadistes dans le pays au nom de l’EI.

Ces interpellations interviennent au lendemain d’une opération du gouvernement qui s’est soldée par la mort d’un dirigeant jihadiste, tué dans une embuscade tendue par la Garde nationale (gendarmerie) à Hassi Ferid, près de Kasserine (ouest). Sami Rhimi, né en 1993, appartenait à la Phalange Okba Ibn Nafaa, affiliée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il avait rejoint cette organisation dès 2012. Un autre jihadiste présumé avait été blessé et trois autres personnes arrêtées. Il avait rejoint cette organisation dès 2012.

Après sa révolution de 2011, la Tunisie a été confrontée à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de plusieurs dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de civils et de touristes étrangers. Les cellules jihadistes, qui se revendiquent d’Aqmi ou de l’EI, sont essentiellement actives près des frontières algérienne et libyenne, en particulier dans les monts du centre-ouest comme Salloum.

Si la Tunisie est sous état d’urgence depuis plus d’un an et demi, les autorités affirment toutefois avoir réalisé des progrès significatifs dans la « lutte contre le terrorisme ». La dernière attaque de grande ampleur remonte à mars 2016, lorsque des jihadistes avaient lancé des opérations coordonnées contre des installations sécuritaires de Ben Guerdane, à proximité de la frontière avec la Libye. D’après le gouvernement de l’époque, elle visait à créer un « émirat de l’EI » dans le sud du pays.