Pipeline entre la Tanzanie et l’Ouganda : un accord-cadre à 3,55 milliards de dollars

Par Jeune Afrique

D’importantes réserves ont été identifiées dans la région du lac Albert et du lac Édouard, en Ouganda. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.

La Tanzanie et l'Ouganda ont signé un accord cadre pour la construction d'un pipeline d'exportation de pétrole brut à 3,55 milliards de dollars, qui devrait rentrer en service dans trois ans, rapporte Reuters.

L’accord-cadre pour la construction d’un pipeline, qui vient d’être signé entre la Tanzanie et l’Ouganda, définit notamment les incitations fiscales afférentes au projet, les échéances de mise en œuvre, et les dimensions de l’ouvrage, qui s’étendra sur 1 445 km pour un diamètre de 60,9 cm.

Le pipeline partira de la région occidentale de l’Ouganda, zone enclavée où des réserves de brut ont été découvertes en 2006, et cheminera jusqu’au port maritime de Tanga, sur la côte tanzanienne, au bord de l’océan indien.

Commerce régional dopé

L’Ouganda devra payer un tarif de passage de 12,20 dollars par baril exporté via le pipeline, selon les termes de l’accord.

La ministre ougandaise de l’Énergie, Irene Muloni, a déclaré que la construction « faciliterait et doperait le commerce régional » et créerait plus de 10 000 emplois.

Total est l’un des exploitants des champs pétroliers ougandais, aux côtés du groupe chinois CNOOC (China National Offshore Oil Corporation) et du britannique Tullow Oil. Le groupe français avait déclaré vouloir financer la construction du pipeline, mais on ignore quel sera sa participation dans le projet.

Chauffé à l’électricité

Adewale Fayemi, le responsable de Total en Ouganda, a déclaré à Reuters que le projet allait devenir « le plus long pipeline de brut chauffé à l’électricité du monde ». Le chauffage permet de faciliter la circulation du pétrole brut, en diminuant sa viscosité.

En janvier dernier, les deux pays ont désigné l’entreprise Gulf Interstate Engineering, basée à Houston, au Texas, comme adjudicataire de l’appel d’offre du contrat d’ingénierie d’avant-projet.

La Tanzanie préférée au Kenya

La Tanzanie a mis en place une batterie d’incitations fiscales qui ont poussé l’Ouganda à retenir ce pays à la place du Kenya. Au départ, Nairobi faisait figure de favori pour le passage du pipeline, a expliqué Irene Muloni.

De fait, le Kenya a tenté de faire passer le pipeline par son territoire, ce qui lui aurait permis de percevoir des frais de transit et de pomper son propre pétrole brut, extrait dans le bassin de Lokichar, au nord-ouest du pays.

L’Ouganda dispose de réserves brutes totales estimées à 6,5 milliards de barils. Les réserves exploitables sont, elles, estimées entre 1,4 et 1,7 milliard de barils.