Sahara occidental : le chef du Polisario Brahim Ghali en visite à Cuba dans un contexte de rapprochement avec le Maroc

Par Jeune Afrique avec AFP

Brahim Ghali, proche d'Alger, a été élu le 9 juillet 2016 à la tête du Polisario. © Capture d'écran/YouTube

Le mouvement sahraoui tente de sauver ses alliances historiques, visées par une vaste offensive chérifienne qui cherche à multiplier les ralliements. Dernière en date : Cuba, allié de longue date du Polisario.

Un mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Cuba, le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, est arrivé le 25 mai à La Havane pour y rencontrer le président Raul Castro.

Le Polisario, opposé au Maroc dans le conflit du Sahara occidental qui dure depuis 40 ans, cherche à reconquérir les pays qui lui ont apporté un soutien historique mais qui sont actuellement approchés par Rabat dans le cadre d’une vaste offensive diplomatique visant à élargir les alliances du royaume chérifien.

Le 22 avril, Rabat et La Havane avaient annoncé le rétablissement de leurs relations diplomatiques après 37 ans de coupure. Cuba avait cependant précisé que son rapprochement avec le Maroc ne remettrait pas en cause sa politique étrangère et qu’elle resterait toujours en faveur de l’autodétermination du Sahara occidental, précisant que c’était le Maroc qui avait décidé de renouer « unilatéralement » et « sans condition » ses liens diplomatiques avec elle.

Au cours de sa visite de trois jours, Brahim Ghali aura des entretiens officiels avec le président cubain.

Le trio pro-Polisario

Avec l’Algérie et l’Afrique du Sud, Cuba est un soutien historique du Front Polisario. Le communiqué de La Havane publié le 25 mai, fait d’ailleurs référence au « président de la RASD », Brahim Ghali.

Le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination alors que Rabat propose comme solution de « compromis » une autonomie sous sa souveraineté. Le 1er mai, un haut responsable du Polisario a indiqué que son mouvement était « prêt à entamer des négociations avec le Maroc sur la base du droit des Sahraouis à l’autodétermination ».