Palestine : 39 jours de grève de la faim pour des prisonniers désormais en situation critique

Par Jeune Afrique avec AFP

À Ramallah, le 3 mai. Soutien aux prisonniers palestiniens, sous une bannière à l’effigie de Barghouti. © Nasser Nasser/AP/SIPA

Les centaines de Palestiniens en grève de la faim depuis 39 jours dans les prisons israéliennes entrent dans une phase critique, a averti le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ce 25 mai.

Les médecins du CICR ont rendu visite à tous les détenus en grève de la faim et surveillent de près leur situation. Six semaines après le début de la grève de la faim, « nous sommes préoccupés par les éventuelles conséquences irréversibles sur leur santé, a déclaré le chef du département de la santé du CICR en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, Gabriel Salazar. Du point de vue médical, nous entrons dans une phase critique. »

Cet appel intervient au 39e jour de la grève de la faim collective entamée par des centaines de prisonniers palestiniens pour réclamer des visites médicales régulières et l’accès au téléphone. Ils sont emmenés par le très populaire dirigeant du Fatah, Marwan Barghouti, qui purge cinq peines de perpétuité pour des attentats meurtriers pendant la deuxième Intifada (2000-2005).

Du Fatah au Hamas

Les grévistes de la faim sont issus de toutes les mouvances politiques palestiniennes, du Fatah du président Mahmoud Abbas dont Marwan Barghouthi est le grand rival, jusqu’aux partis de gauche en passant par le Hamas islamiste.

Seule organisation internationale admise auprès des détenus palestiniens, le CICR appelle dans son communiqué « les autorités et toutes les parties concernées à trouver une solution qui évitera toute perte de vie ou des dommages irréversibles à la santé des détenus ».

La Croix-Rouge dit par ailleurs avoir augmenté le nombre de ses employés qui rendent visite aux détenus en grève de la faim et avoir « renforcé son dialogue confidentiel avec les autorités pénitentiaires ». Elle assure enfin être « en contact régulier avec les proches des détenus en grève de la faim, car l’anxiété des familles continue de progresser en l’absence de visites familiales ».