Algérie : qui est Abdelmadjid Tebboune, le nouveau Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika ?

L'ex Premier ministre algérien, Abdelmadjid Tebboune, le 3 avril 2017 à Alger. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Alors que les analystes politiques algériens s’attendaient à la reconduction d'Abdelmalek Sellal dans ses fonctions de Premier ministre après les législatives, Abdelaziz Bouteflika a finalement nommé Abdelmadjid Tebboune le 24 mai.

Mercredi 24 mai, six jours après la proclamation des résultats officiels des élections législatives du 4 mai, la présidence algérienne a communiqué le nom du nouveau locataire de la Primature. C’est peu de dire que l’annonce a surpris à peu près toute l’Algérie, à commencer par le principal intéressé. C’est donc finalement Abdelmadjid Tebboune, 71 ans, qui est chargé de former un nouveau cabinet.

Ministre de l’Habitat depuis 2012 dans le premier gouvernement dirigé par son désormais prédécesseur, Abdelmalek Sellal, Abdelmadjid Tebboune était à la tête d’un secteur sensible pour le gouvernement. Il supervisait les chantiers d’habitat social destinée à reloger la population démunie. Il suivait aussi les travaux de la grande mosquée d’Alger, voulue par Bouteflika. Depuis janvier dernier, il avait également été nommé à titre intérimaire à la tête du ministère du Commerce et de l’industrie, suite au décès de son collègue Bakhti Belaid.

Abdelmadjid Tebboune est un homme du système, sans pour autant être ami proche du président. Membre du FLN, il a un profil de technocrate.

Lauréat de l’École nationale d’administration (ENA) d’Alger, il a occupé plusieurs fonctions administratives dans les années 1980 et a été wali de plusieurs villes (Adrar, Tiaret et Tizi Ouzou). En 1991, il devient ministre délégué chargé des Collectivités locales sous Chadli Bendjedid. Un an plus tard, il prend sa retraite anticipée. On ne le verra plus occuper de fonction ministérielle avant 1999, lorsque Abdelaziz Bouteflika accède au pouvoir et fait appel à lui pour chapeauter le ministère de la Culture et de la Communication. Un poste qu’il n’occupe que 6 mois avant d’être affecté au département des Collectivités locales.

En 2001, il prend le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, sous Ali Benflis. Il y reste un an avant d’aller représenter Abdelaziz Bouteflika dans des missions diplomatiques ponctuelles en Iran et en Syrie.

Témoin dans l’affaire Khalifa

En 2007, il est cité comme témoin dans l’affaire Khalifa, un des plus grands scandales financiers du pays. La justice algérienne requiert en effet son témoignage en tant qu’ancien ministre de l’Habitat afin de se prononcer sur le placement de fonds massifs des Offices de promotion et de gestion immobilière (OPGI) dans les agences de la banque Khalifa.

A la tête du gouvernement, sa mission sera de préparer la prochaine Loi de Finances dans un contexte de crise économique forte. Et de mener l’alliance présidentielle aux élections municipales qui devraient avoir lieu à l’automne prochain.