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L’argent des Africains : Heri, directeur du Centre de recherche sur la lutte contre la corruption en RDC – 892 euros par mois

Enregistrée au Congo, l'association de Heri est soutenue par plusieurs ONG internationales comme Integrity Action. © Mitterand Tembe Pakayi

À 26 ans seulement, Heri est directeur exécutif du Centre de recherche sur la lutte contre la corruption basé à Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Pour notre série l’argent des Africains, il a accepté de nous parler de son quotidien et de ses dépenses.

À Uvira, capitale de la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo, Heri mène une vie confortable, entouré de ses proches. Chaque matin, son réveil sonne à sept heures pile. Après son bain, le jeune homme prend toujours le temps de petit-déjeuner avant de se rendre à son travail où il arrive pour neuf heures. Marié, père d’un petit garçon et avec deux autres personnes à charge – sa belle-sœur et sa nièce -, Heri envoie également régulièrement de l’argent à ses parents. Avec un salaire mensuel de 1 000 dollars (892 euros), il subvient aux besoins de tous ses proches.

Plusieurs diplômes

Pour en arriver là, Heri a étudié pendant plusieurs années. Après l’obtention de son diplôme d’État en 2009, il entre à l’université panafricaine de la Paix, d’où il ressort trois ans plus tard, une licence en poche. Et parce que Heri ne souhaite pas s’arrêter là, il continue jusqu’en 2015, l’année d’obtention de son baccalauréat en sciences et développement.

Un salaire confortable

Avec quatre personnes vivant sous son toit, Heri dépense chaque mois plus d’un quart de son salaire (312,2 euros) dans la nourriture. Pour l’électricité et l’eau, le jeune homme dépense chaque moi 18 et 9 euros, soit moins que les 45 euros consacrés à l’accès internet. Locataire, Heri paye 72 euros de loyer. Le reste, il le partage entre les sous qu’il envoie à sa mère – 133 euros par mois environ – et ce qu’il place sur un compte bancaire – un peu plus de 300 euros.

 

Lorsqu’il ne travaille pas pour son association de lutte contre la corruption, dont les projets sont financés par l’ONG Integrity Action, Heri change de casquette et devient programmeur : il crée des sites internet, de quoi épargner encore un peu plus et prévoir le futur.

Lorsque Heri évoque son parcours, tout semble simple. Ses compétences en programmation, il les acquière avant son entrée à l’université en 2010, au sein du Centre Africa Computing. En formation accélérée, il n’y reste que quelques semaines.

Prévoyance

Car s’il est pour le moment passionné par son travail, Heri a d’autres projets. D’ici 2019, le jeune homme réfléchit à monter sa propre entreprise de recyclage de déchets, « pour gagner mon propre argent, mais aussi pour développer  cette pratique ici, en Afrique » explique t’il. Lui qui évoque « l’insalubrité d’Uvira » voit dans cette idée le moyen de faire évoluer, un peu, les choses.

Mais d’ici là, Heri a largement de quoi s’occuper. Il travaille actuellement à la conception d’une application mobile pour « surveiller la corruption dans les institutions gouvernementales ». En cas de corruption avérée, les citoyens pourront désormais le faire savoir plus facilement.

Les week-end, Heri profite de son temps libre pour faire un tour à la plage, au bord du lac Tanganyika, ou emmener sa famille au restaurant. Et chaque dimanche, après le passage obligé à l’Église, il rend visite à sa mère installée à seulement quelques centaines de mètres de sa maison.

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Si vous souhaitez participer à notre série, écrivez-nous à argentdesafricains@jeuneafrique.com

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