Liberia : qui pour succéder à la présidente Ellen Johnson-Sirleaf ?

Par Jeune Afrique avec AFP

Ellen Johnson Sirleaf et Ernest Bai Koroma à Banjul, en Gambie, le 13 décembre 2016. © Sylvain Cherkaoui/AP/SIPA

Une gloire du ballon rond, un ancien chef de guerre, un magnat des boissons gazeuses et une philanthrope : voici quelques-uns des candidats à la présidentielle au Liberia.

Après deux mandats successifs, Ellen Johnson-Sirleaf, 78 ans, Prix Nobel de la Paix et première femme élue chef de l’État en Afrique en 2005, ne pourra pas se représenter à la présidentielle du 10 octobre, combinée à un scrutin législatif.

Cette échéance électorale pourrait sonner l’heure de l’ancienne gloire du football George Weah, le plus célèbre des prétendants, battu par Ellen Johnson-Sirleaf en 2005, puis de nouveau en 2011 comme candidat à la vice-présidence.

L’ancienne star du PSG et du Milan AC, 50 ans, unique Ballon d’or africain à ce jour, a été élu en 2014 sénateur face à un des fils de la présidente. Il promet d’améliorer les services publics défaillants, en particulier l’éducation et la santé, et de s’attaquer à la corruption.

L'ancien footballeur et homme politique George Weah, le 16 mai 2017 au siège de Jeune Afrique, à Paris. © Cyrille Choupas pour JA

Il s’est lancé dans la course il y a plus d’un an et, pour mettre toutes les chances de son côté, se présente sur un ticket avec une femme, la sénatrice Jewel Taylor, ex-épouse de l’ancien président (1997-2003) Charles Taylor, lequel conserve une réelle influence dans son pays.

Diversifier l’économie

Face à l’idole des stades, l’actuel vice-président, Joseph Boakai, pourra compter sur l’appui mesuré d’Ellen Johnson-Sirleaf.

« Je soutiendrai le vice-président Boakai dans toutes ses démarches sur la base de son programme présidentiel, a-t-elle déclaré. Je lui apporterai tout mon soutien, mais il y arrivera comme j’y suis arrivée en faisant campagne et en se battant ».

Joseph Nyuma Boakai, vice-président libérien, le 5 août 2014. © AP/Sipa/Susan Walsh)

Le vice-président s’inscrit dans la lignée d’Ellen Johnson-Sirleaf mais se dit soucieux d’une meilleure répartition des ressources. La présidente sortante, elle, n’a pas été épargnée par les accusations de corruption et de népotisme.

Parmi les onze candidats déclarés, d’autres pourraient tirer leur épingle du jeu comme l’ex-gouverneur de la Banque centrale, Joseph Mills Jones, mais aussi un ancien dirigeant de Coca-Cola pour l’Afrique, Alexander Cummings, qui a créé son parti il y a cinq ans.

Cet homme d’affaires, qui capitalise sur son expérience dans cette multinationale, promet un programme de privatisation agressif et la traque de la corruption. « Lorsque les cours du minerai de fer et du caoutchouc sont élevés, nous prospérons, mais lorsqu’ils chutent, nous souffrons », a déclaré celui qui prône une diversification des revenus du pays par l’investissement dans l’agriculture. Pour réduire le chômage, il souhaite également miser sur la formation technique et professionnelle et la revalorisation des salaires des enseignants.

Un ex-chef de milice

Un autre attelage associe deux anciens alliés de Charles Taylor. Le premier n’est autre que l’ex-chef de milice Prince Johnson, 54 ans, aujourd’hui sénateur, tristement célèbre pour une vidéo le montrant en train de siroter une bière pendant que ses hommes torturaient à mort le président Samuel Doe en 1990. Le deuxième est un magnat de la téléphonie mobile, le richissime Benoni Urey.

Prince Johnson, ex-chef rebelle au Liberia, aujourd'hui sénateur. © AP/Sipa/George Osodi

Si les électeurs privilégient l’expérience des affaires publiques, ils pourraient se tourner vers l’opposant historique Charles Brumskine, un avocat de 66 ans.

Enfin, l’unique femme en lice, MacDella Cooper, 40 ans, a créé en 2004, après une carrière dans la mode aux États-Unis, une organisation caritative qui porte son nom et vient en aide aux enfants abandonnés.