Tueries dans le Kasaï : ouverture d’une enquête judiciaire après la diffusion d’un enregistrement accablant le député Kanku

Une équipe de la Monusco dépêchée après l'explosion d'un engin non identifié à Matamba, dans le Kasaï-Central, le 14 mai 2017. © Biliaminou Alao/Flickr/Monusco

Quarante-huit heures après les révélations du New York Times sur une possible implication du député Clément Kanku dans les exactions en cours dans le Kasaï, dans le centre de la RDC, Flory Kabange Numbi, procureur général de la République, a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête "pour en savoir un peu plus".

L’étau se resserre autour de Clément Kanku. Deux jours après la diffusion d’un enregistrement sonore, à la suite de révélations du quotidien américain New York Times, dans lequel on entend une voix supposée être celle du député du Kasaï encourager les exactions dans cette partie de la RDC en proie à des violences depuis plusieurs mois, le parquet général de la République a décidé, ce mardi 23 mai, d’ouvrir une enquête. « La nature et les circonstances de cette conversation ne peuvent aucunement laisser indifférent l’officier du ministère public que je suis », a déclaré le procureur Flory Kabange Numbi devant la presse pour justifier sa décision.

Mais le suspect étant un député national, la justice soit se conformer à une procédure bien particulière. C’est pourquoi le procureur général de la République a indiqué avoir « adressé ce même lundi une lettre au président de l’Assemblée nationale pour [lui] permettre de conduire ces indispensables enquêtes dans cette sinistre affaire ».

En attente d’une autorisation préalable

« Une fois cette autorisation préalable obtenue, je serai en droit de poser tous les actes qu’exige une instruction préjuridictionnelle », a prévenu Flory Kabange Numbi.

Et « si à l’issue de cette instruction, j’ai la conviction que les faits étaient établis dans le chef du concerné [Clément Kanku], il serait alors inculpé de participation à un mouvement insurrectionnel, assassinat, incendies volontaires, destructions méchantes, associations des malfaiteurs », a-t-il détaillé.

Le procureur a tenu à préciser qu' »à ce niveau de la procédure, il n’est nullement question de chercher à obtenir la levée des immunités » du député Clément Kanku.

Le Conseil de sécurité s’est réuni a huis clos le 23 mai pour discuter de ce dossier. « Cela semble avoir été mené avec pas mal de rapidité », a commenté le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric, qui souligne que Kinshasa n’a pas encore communiqué ses conclusions à l’ONU.

« Nous allons demander à l’ONU de mettre des options sur la table, indique un diplomate suédois, Carl Skau. Il faut faire davantage pour garantir que c’est mené d’une manière adéquate ».

Selon Stéphane Dujarric, une commission d’enquête de l’ONU présentera un rapport fin juillet. La Suède et les États-Unis enquêtent également de leur côté.

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