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Maroc : le gouvernement tente de renouer le dialogue à Al Hoceïma

Par Jeune Afrique avec AFP

Des milliers de manifestants réunis en hommage à Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson mort broyé dans une benne à ordures, le 4 novembre 2016, dans la ville d'El Hocerma, au Maroc. © Samia Errazzouki/AP/SIPA

Lundi, le chef lieu du Rif a vu débarquer pas moins de sept ministres. Ceux-ci ont tenu à rassurer en personne la population quant à l'accélération des chantiers de développement pour la région.

Le ballet des responsables marocains qui se rendent à Al Hoceïma pour essayer de calmer la population n’en finit pas. Cette fois-ci, une importante délégation gouvernementale a atterri, lundi 22 mai, dans cette ville du nord du Maroc, théâtre depuis six mois d’une vague de protestation sociale prenant la forme de manifestations populaires, pour y « accélérer » les projets de développement de la région, l’une des principales revendications des contestataires.

Conduite par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, la délégation, qui comptait pas moins de sept ministres, est arrivée en fin de matinée à Al Hoceïma pour évaluer les chantiers en cours dans la province et tenir des consultations avec des responsables locaux. Le ministre de l’Agriculture et de la pêche, Aziz Akhannouch, a visité le port, principale activité économique de la ville, où il a réaffirmé le soutien de l’État aux pêcheurs.

« Il y a des solutions pour tous les problèmes. Il faut juste les soulever de manière claire », a-t-il commenté.

Selon la presse marocaine, le gouvernement cherche à reprendre la main sur  à Al-Hoceïma, désormais une « priorité », après avoir accusé certains protestataires d’Al Hoceïma de « servir des agendas séparatistes ». Jeudi 18 mai, il a tenu son conseil hebdomadaire où il s’est rattrapé en qualifiant les revendications sociales de la population locale de « légitimes ».

Visite d’inspection

Le même jour,  une grande manifestation a rassemblé une nouvelle fois des milliers de personnes à Al Hoceïma, voire des dizaines de milliers selon la presse marocaine, derrière le leader du mouvement, Nasser Zefzafi, un chômeur d’une quarantaine d’années aux discours enflammés contre le « Makhzen » (pouvoir). Parallèlement, un groupe d’activistes locaux, le « hirak » (la mouvance) formule de nombreuses revendications pour le développement du Rif, qu’il estime marginalisé.

Ce lundi, le gouvernement a tenté de se rapprocher de la population. Chaque membre de la délégation ministérielle a visité des projets relevant de ses compétences : routes, port, écoles, structures de santé, complexes sociaux, etc… La délégation a ensuite rencontré, au cours d’une grande réunion, des élus et des responsables locaux et associatifs : près de 300 personnes au total. 

Un projet royal

Le gouverneur de la région nord, Mohamed El Yaakoubi, a fait une présentation détaillée d’un vaste projet royal pour la région, lancé en 2015, reconnaissant des retards dans sa mise en oeuvre tout en réaffirmant sa volonté « d’accélérer » les travaux. Là aussi, chaque ministre a pris la parole pour faire le point sur les chantiers sous sa responsabilité.

La rencontre a ensuite tourné à l’exercice du question-réponse avec la salle, avec parfois des prises de parole assez vives, et où une poignée de partisans du « hirak » étaient également présents.

Interpellé sur le dahir (décret royal) datant de 1958 décrétant la « militarisation » de la région, dont les contestataires assurent qu’il est toujours en vigueur et dont ils exigent le retrait, le ministre de l’Intérieur a une nouvelle fois expliqué que ce décret avait été annulé en 1959, et que le terme de « militarisation » ne faisait que freiner les investisseurs.

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