Réchauffement climatique : la carte des 15 lieux les plus menacés d’Afrique

L'Afrique est particulièrement vulnérable au changement climatique. © AFP

À l'occasion du sommet sur le climat organisé le 23 septembre à New York par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "Jeune Afrique" publie sa carte des 15 lieux les plus menacés par le réchauffement global. Vivez-vous dans l'un d'entre eux ?

Le mois d’août 2014 a été le mois d’août le plus chaud sur la planète depuis le début des relevés de température en 1880, a indiqué jeudi 18 septembre l’Agence américaine océanographique et atmosphérique. C’est dans ce contexte alarmant que va s’ouvrir le 23 septembre, le sommet sur le climat organisé par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. L’Afrique devra y faire entendre sa voix d’autant plus fortement que le continent contribue fort peu au changement climatique, alors que ses populations sont les premières à en souffrir. Les modèles pluviométriques imprévisibles entraînent des récoltes réduites, des hausses des prix alimentaires et une baisse des ressources.

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Le réchauffement climatique a un coût : entre 2010 et 2030, le Grand Alexandrie, Casablanca et l’aire urbaine du Grand Tunis et la vallée de Bouregreg devront faire face à des pertes de plus de 1 milliard de dollars, liées aux risques comme les inondations, les séismes, l’érosion côtière, l’instabilité des sols, les submersions marines, les tsunamis et la pénurie d’eau. Voici en carte les 15 principaux lieux du continent les plus menacés.

Passez votre souris sur la carte pour découvrir nos focus sur les lieux menacés par le réchauffement climatique

  • Saint-Louis (Sénégal)

À Saint-Louis aussi – ville classée au Patrimoine mondial de l’Unesco –, l’érosion menace. Pour protéger ses habitants des crues fluviales, le gouvernement a fait creuser en 2003 une brèche de quatre mètres dans la langue de Barbarie. Mais cette bande de sable qui constitue une barrière naturelle de 25 km entre l’océan Atlantique et le fleuve Sénégal est aujourd’hui menacée : en raison des courants, la brèche s’est élargie et mesure désormais 3 km. Et les habitants du bord du fleuve sont désormais exposés aux fluctuations de l’océan.

  • Grand-Bassam (Côte d’Ivoire )

Ville historique et balnéaire, Grand-Bassam est menacée par l’érosion qui attaque la côte ivoirienne. Bâtie sur une mince bande de terre entre océan Atlantique et lagune, la cité a déjà perdu ses grands commerces, son marché, sa scierie, tous submergés par les flots.

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  • Région côtière de Guinée

"Si rien n’est fait d’ici 75 ans, le niveau de la mer augmentant de plus de 80 centimètres de hauteur, nous aurons une perte de plus de 30% de nos terres agricoles en front de mer, les infrastructures côtières subiront aussi ces effets négatifs", estime le directeur du programme développement durable du Pnud, Dr Selly Camara.

  • Lac Tchad

En cinquante ans, le lac Tchad a perdu 80 % de sa superficie. Cette évolution a longtemps été expliquée par le réchauffement climatique. Néanmoins, une étude de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) a tenu à nuancer cette analyse.

  • Bande sahélienne

Depuis 30 ans, les précipitations n’ont de cesse de baisser le long de la bande sahélienne, rapporte la Banque mondiale. Le calendrier des pluies a aussi changé. Dans une région où les populations sont dépendantes de la terre, les conséquences de cette évolution sont catastrophiques.

  • Plaines et plateaux éthiopiens

La baisse des précipitations s’accompagne dans les plaines et les plateaux éthiopiens d’une hausse des températures. Selon Amanda Lenhart,chercheuse au Overseas Development Institute (basé à Londres), celle-ci a pour conséquence première le développement de maladies, comme la malaria.

  • Forêts du Bassin du Congo

La déforestation, qui est à la fois une cause et une conséquence du changement climatique, touche fortement le Bassin du Congo qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale au monde après l’Amazonie. Elle est le résultat de la pression croissante exercée par les activités humaines. Il s’agit, entre autres, de l’exploitation forestière, du développement de routes, de l’extension agricole (à la fois pour l’agriculture vivrière et commerciale), de l’extraction de pétrole et de minerais.

  • Régions du centre et du sud de la Tunisie

Tous les trois ans, les régions du centre et du sud de la Tunisie sont frappées par la sécheresse. En 2013, uniquement 42% des superficies programmées avaient été semées, soit 267 000 hectares. La baisse des précipitations est un phénomène qui devrait durer. Certains experts tablent même sur une pénurie d’eau à l’horizon 2030-2050.

  • Madagascar

Les catastrophes naturelles sont une des conséquences directes du changement climatique. Madagascar est fortement exposé à cyclones tropicaux. Hellen, le dernier en date, a fait plusieurs morts et 1 500 sinistrés, le 31 mars 2014, dans la région de Majunga (Nord-Ouest).

  • Alexandrie

Par le passé, la ville d’Alexandrie a subi des dégâts importants liés aux tremblements de terre. Désormais ce sont plusieurs menaces d’ordre climatique (hausse du niveau de la mer, inondations, et érosion) qui s’annoncent d’ici à 2030, estime une étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île de France (IAU).

  • Lomé

Au Togo, les effets du réchauffement climatique sont alarmants. Le littoral est rongé par l’océan et perd 10 mètres par an. Problème, les premières habitations sont aujourd’hui à une dizaine de mètre de la plage. Baguida, Gbodjomé, Agborafo, ces villages situés le long de la côte disparaissent progressivement. La ville de Lomé n’est pas épargnée car les premiers quartiers se situent en bordure de la mer. "Certains matins nous nous réveillons avec la mer dans nos chambres", déplore un habitant de Kodjoviakopé, un des quartiers populaires de la capitale.

  • Tunis

Les spécialistes redoutent que le changement climatique affecte les risques géologiques et sismiques. De plus, selon plusieurs études, l’élévation du niveau marin, indirectement provoquée par le réchauffement climatique, va réactiver ou amplifier le processus d’érosion côtière dans le nord de la Tunisie.

  • Casablanca

Si par le passé, la côte ouest du Maroc a été parfois exposée aux tsunamis, ce sont les risques d’inondation fluviale par ruissellement qui retiennent l’attention des chercheurs. Le réchauffement climatique est également responsable de l’élévation du niveau marin. En cas de tempête, les zones d’habitations sur le front de mer (Aïn Sebaa, Port, Marina, Avenue Royale, Nouvelle Corniche, El Ank, Sidi Abderrahmane) risquent de subir de plus en plus de dommages.

  • Vallée du Nil

La montée des eaux menaces plusieurs régions le long du Nil. Du Delta, en Égypte, au Nil blanc, au Soudan, en passant par le Nil bleu, en Éthiopie, des pans entiers de territoires risquent d’être submergé. Cette situation provoque de vives tensions entre les pays concernés.

  • Vallée de Bouregreg, Maroc

La vallée de Bouregreg est fortement exposée aux risques naturels : inondation par le Bouregreg, submersion marine, instabilité des sols, risque sismique. Tous pourraient être aggravés par le réchauffement climatique et la densité urbaine.

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Par Vincent DUHEM