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Maroc : Driss Lachgar reconduit sans surprise à la tête de l’USFP

Driss Lachgar, actuel secrétaire général de l'USFP, est accusé par ses collègues d'avoir vidé l'USFP de son âme. © Alexandre DUPEYRON/JA

La fronde conduite par "le groupe des dix" n'a pas abouti. Réélu avec un score presque stalinien, le patron des ittihadis continuera de diriger un parti devenu l'ombre de lui-même.

86,85%. C’est le score obtenu par Driss Lachgar lors des élections du secrétaire général de l’Union socialiste des forces populaires (USFP, majorité) qui ont eu lieu, dimanche 21 mai, à Bouznika. Unique candidat à sa propre succession, le chef ittihadi a été sacré pour un deuxième mandat dans un parti qu’il a complètement verrouillé. À l’issue de son élection, il a estimé que « les valeurs démocratiques » de l’USFP se sont traduites par le score qu’il a obtenu et que la réussite de ce 10e congrès, donnait « une dynamique et un nouveau départ pour les socialistes ».

On accepte mais…

« Le respect de la démocratie nous oblige à accepter le résultat de ce scrutin. Mais nous allons continuer à demander la réforme de l’USFP de l’intérieur « , déclare Abdelkébir Tabih, membre du bureau politique. Il fait partie du groupe des dix socialistes frondeurs qui avaient appelé au report de ce congrès au motif qu’il ne remplissait pas selon lui  » toutes les conditions techniques pour sa tenue ».

Les contestataires dénoncent la gestion autoritaire de Driss Lachgar, mais ne veulent pas quitter le parti comme l’avaient fait nombre de militants socialistes.

Manque de crédibilité

« L’action de ce groupe d’opposants n’a pas abouti parce que dès le départ, elle était fragile », commente un membre de l’USFP. Il ajoute : « Les socialistes savaient que quelques membres de ce groupe avaient des ambitions ministérielles et qu’ils sont passés à l’attaque parce qu’ils n’ont rien eu ».

Sixième force politique à l’issue des législatives d’octobre, l’USFP a réussi à faire plier les islamistes du Parti justice et développement (PJD) pour qu’ils acceptent leur entrée au gouvernement. Une réussite obtenue aux forceps qui ne fait pas spécialement honneur à un parti qui a régné sur la scène politique au Maroc grâce à son assise populaire. Nombre de militants de la rose (c’est l’emblème de l’USFP) pensent que c’est à ce moment-là que les dix contestataires auraient dû se manifester.

 

 

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