Afrique du Sud : Cyril Ramaphosa s’en prend violemment à Jacob Zuma

Par Jeune Afrique avec AFP

Cyril Ramaphosa à Pretoria le 5 août 2016. © AP/Sipa/Herman Verwey

Cyril Ramaphosa a durci ses critiques contre le président Jacob Zuma en regrettant que son pays soit menacé de devenir un "État-mafia". Le vice-président sud-africain a également plaidé pour une enquête sur les affaires de corruption au sommet de l’État.

Cyril Ramaphosa est l’un des principaux candidats à la succession de Jacob Zuma à la tête du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) en vue des élections générales de 2019. Depuis quelques mois, il a multiplié les sorties contre le chef de l’État, mis en cause dans une série de scandales politico-financiers, notamment après le remaniement controversé qui a coûté fin mars sa place au respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan.

« Si l’ANC veut conserver sa domination dans la société, il est absolument impératif d’agir vite et fort pour faire en sorte que nous ne devenions jamais un État-mafia », a déclaré Cyril Ramaphosa lors d’un discours télévisé à Rustenburg, dans le nord du pays.

« Parce que si nous devenons un État-mafia, alors tout va déraper », a-t-il poursuivi, plaidant pour la mise en place d’une commission d’enquête indépendante.

Nouvelle motion de défiance de l’opposition

Le limogeage de Pravin Gordhan a provoqué la dégradation de l’Afrique du Sud par deux agences de notation financière et plongé des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de plusieurs villes du pays pour exiger la démission de Jacob Zuma.

L’opposition a déposé au parlement une nouvelle motion de défiance contre le président, qui doit être examinée dans les semaines qui viennent.

« L’Afrique du Sud est près de devenir un État-mafia », avait déjà estimé dans la semaine le chef du Conseil sud-africain des Églises (SACC), l’évêque Malusi Mpumlwana.

L’ANC doit élire en décembre le successeur de Jacob Zuma en vue des élections générales de 2019.

Au pouvoir depuis la fin officielle de l’apartheid en 1994, le parti de Nelson Mandela a perdu une partie de sa popularité et a essuyé un revers aux élections locales de l’an dernier en perdant le contrôle de plusieurs villes, dont Johannesburg et Pretoria.