Le groupe terroriste Jund al-Khilafa revendique le rapt d’Hervé Gourdel en Kabylie

Par Jeune Afrique

Hervé Gourdel a été kidnappé en Kabylie. © Hervé Gourdel/Google

L'annonce est survenue quelques heures après que l'État islamique (EI) a appelé au meurtre de citoyens des pays de la coalition qui lutte contre lui, le 22 septembre. Mais Hervé Gourdel, guide de haute montagne, a été enlevé en Kabylie par un groupe se revendiquant de l'EI, dès la veille.

Un groupe lié à l’État islamique (EI) a revendiqué lundi 22 septembre dans la soirée l’enlèvement d’un Français en Algérie, dans la région de Tizi Ouzou, et a menacé de l’exécuter dans les 24 heures si la France n’arrêtait pas ses frappes contre l’organisation jihadiste en Irak.

Kidnappé entre Bouira et Tizi Ouzou, dans le massif des Ouacifs, Hervé Gourdel, 55 ans, faisait partie d’un groupe de randonneurs algériens, qui ont été immédiatement relâchés.

Dans une vidéo qui a été authentifiée par les autorités françaises, le groupe algérien "Jund al-Khilafa" (l’armée du califat en Algérie) revendique le rapt. La vidéo montre l’otage demandant au président français de le sortir de cette situation. Il est assis par terre dans l’habituelle mise en scène, entouré de deux hommes masqués et armés de kalachnikovs.

"Je laisse à Hollande, le président de l’État français criminel, le soin d’arrêter les attaques contre l’État islamique dans les 24 heures qui suivent la publication de ce communiqué ou son ressortissant Hervé Gourdel sera égorgé", déclare un des deux hommes armés dans cette vidéo.

L’otage précise qu’il est originaire de Nice et guide de haute montagne. Il dit être arrivé le 20 septembre en Algérie.

Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a affirmé qu"un groupe terroriste ne [pourrait] pas infléchir la position de la France". "Tout est mis en œuvre en concertation étroite avec les autorités algériennes pour obtenir la libération de notre compatriote, a-t-il ajouté. Mais il ne faut pas cacher que la situation est extrêmement critique."

Le groupe "Jund al-Khilafa", diigé par Abdelmalek Gouri (appelé aussi Khaled Abu Souleimane), prouve ainsi sa capacité d’action. Il est le premier à répondre à l’injonction d’Abu Bakr al-Baghdadi de tuer les ressortissants des pays qui lutte contre l’EI

Issu de la mouvance d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Jund al-Khilafa  avait prêté allégeance à l’État islamique la semaine dernière. La dissidence du chef d’Aqmi en Kabylie, Gouri Abdelmalek, au profit de l’EI date, elle, de la mi-juillet.

C’ets le premier rapt d’un Français en Algérie depuis le milieu des années 1990.

(Avec AFP)