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Côte d’Ivoire : l’état-major auprès des démobilisés de Bouaké

Par Jeune Afrique avec AFP

Un militaire ivoirien à Abidjan en octobre 2015. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Sekou Touré s'est rendu le jeudi 18 mai à Bouaké, épicentre de la mutinerie qui a secoué le pays. Le chef d'état-major des armées ivoiriennes y a demandé pardon pour la mort d'un ex-rebelle démobilisé tué par les mutins.

Devant une centaine de démobilisés, jeudi 18 mai à Bouaké, le général ivoirien Sekou Touré a assuré de sa compassion la famille et les camarades du défunt. « Nous sommes tous choqués, a-t-il déclaré. Je viens vous présenter les excuses de toute l’armée. »

L’homme a été tué pendant les derniers mouvements d’humeur au quartier général des démobilisés − les ex-rebelles qui n’ont pas été intégrés à l’armée, contrairement aux mutins − par des soldats mutins qui ont ouvert le feu sur eux. Les mutins reprochaient aux démobilisés de revendiquer des primes similaires aux leurs, et ainsi de mettre en péril leur propres revendications.

« Nous sommes venus vous demander pardon »

« Quand vous êtes père et que vous avez malheureusement de mauvais enfants, vous allez toujours avoir honte du comportement de ces enfants, a lancé Sekou Touré sous les applaudissements ce jeudi. Nous sommes venus ici pour vous demander pardon ».

Le général n’avait pas prévu de prendre publiquement la parole mais a dû improviser, pour calmer les démobilisés, rendus furieux par des paroles malheureuses du maire-adjoint de la ville Zoumana Ouattara. Celui-ci avait utilisé un ton menaçant, accusant notamment les porte-paroles des démobilisés de vouloir « les mener au suicide ».

Après l’intervention du général qui a promis de transmettre leurs doléances au président Alassane Ouattara, les porte-paroles des démobilisés ont affirmé suspendre leur mouvement.

Sekou Touré a par la suite rendu visite à des civils blessés lors de la mutinerie, qui a fait au total quatre morts et neuf blessés dans tout le pays.