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Afrique du Sud : #MenAreTrash, une vague de meurtres de femmes suscite un débat national

Une vue de Soweto, à Johannesburg. © Flickr / K.G. Schneider.

Une vague récente de meurtres de femmes victimes de violences conjugales en Afrique du Sud a suscité une prise de conscience collective et une campagne sur les réseaux sociaux.

L’Afrique du Sud est sous le choc. Durant week-end du 12 mai, pas moins de quatre corps de femmes ont été retrouvés dans le quartier de Soweto, à Johannesburg. Avant de mourir, Lerato Moloi, Bongeka Phungula, Popi Qwabe et une autre victime non identifiée avaient été violées. Cette série macabre est intervenue peu de temps après qu’un autre fait divers tout aussi révoltant est survenu dans la même ville, le 29 avril, avec la découverte dans un terrain vague de Karabo Mokoena, 22 ans, dont le corps avait été brûlé à l’essence et à l’acide pour retarder voire empêcher qu’on la reconnaisse.

Son dernier petit ami, Sandile Mantsoe, 27 ans, aurait avoué avoir battu à mort son ex-compagne, selon son père. Un crime qui, ajouté aux récentes découvertes, a enflammé la toile avec la naissance spontanée du hashtag #MenAreTrash, ou « les hommes sont des ordures », repris des milliers de fois sur Tweeter. Avec des messages mettant au jour des histoires similaires à celle de Karabo Mokoene : violences conjugales, enlèvements, viols et même meurtres.

À la suite des derniers faits divers, un cap dans l’horreur semble avoir été franchi et l’omerta brisée. Dans un pays où une femme est tuée par son conjoint toutes les 8 heures selon une étude publiée en 2012 par le South African Medical Research Council, de nombreux cas ne font jamais l’objet de plaintes. Mais les choses commencent peut-être à changer, notamment depuis le meurtre de Reeva Steenkamp en 2013 par son petit ami, Oscar Pistorius, médaille d’or paralympique, condamné à 6 ans de prison en juillet 2016.

Le hastag #AllMenAreTrash a cependant vu une réplique apparaître sous le hashtag #NotAllMenAreTrash (« pas tous les hommes »), qui a été très critiqué. Notamment par le révérend Lawrence Mduduzi Ndlovu, cité par le Daily Maverick : « Il n’est pas question question de la justesse d’un syllogisme mais de  l’expérience des femmes », a-t-il tranché.

Éclipsée par les facteurs sociaux-économiques et le manque de leadership au sein du parti au pouvoir, l’African national Congress (ANC), la violence envers les femmes prospère dans l’ombre d’une société qui peine à se remettre de l’apartheid. Un cercle vicieux qu’il sera difficile à rompre tant que la lutte de pouvoir battra son plein au cœur de l’ANC.

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