Ce qu’il faut savoir sur les circonscriptions des Français établis en Afrique

L'Afrique et le Moyen-Orient comptent deux circonscriptions des Français établis hors de France : la 9e et la 10e. © DR

La polémique sur la candidature de la Franco-Algérienne Leïla Aïchi, initialement investie par le parti d'Emmanuel Macron, a attiré l'attention sur les les 9e et 10 circonscriptions des Français établis à l'étranger. Focus sur ces quelque 200 000 Français résidents en Afrique et au Moyen-Orient, qui s'apprêtent à voter aux législatives des 4 et 18 juin prochain.

Alors qu’elle devait représenter les couleurs de La République en Marche ! (LRM) dans la 9e circonscription des Français établis hors de France (Maghreb et Afrique de l’Ouest), la sénatrice Leïla Aïchi a littéralement disparu des tablettes. Critiquée par l’antenne marocaine du mouvement macroniste en raison de positions qualifiées de favorables au Front Polisario, elle a vu son nom retiré de la liste des candidats du parti présidentiel français pour les prochaines législatives. Publiée mercredi 17 mai, cette dernière fait désormais carrément l’impasse sur la 9e circonscription des Français établis hors de France. Aucun candidat de la République En Marche ! n’y a été donc été investi pour l’instant.

Pourtant plus de 100 000 électeurs sont concernés dans cette seule circonscription. Les Français de l’étranger sont représentés à l’Assemblée depuis cinq ans seulement (lors des dernières législatives de 2012, en vertu de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008), mais leur importance électorale ne cesse de croître. Aujourd’hui, ils sont près de 2,5 millions à vivre aux quatre coins du monde. Ils élisent 11 députés pour cinq ans. L’Afrique et le Moyen-Orient se partagent les circonscriptions 9 (17 pays) et 10 (49 pays).

Les Français de l’étranger : une longue histoire

En 1948, Robert Schuman signe un décret entérinant la création du Conseil supérieur des Français de l’étranger, dont l’objectif est alors très clair : obliger l’immatriculation des expatriés dans les consulats pour leur permettre de voter. Premier pas vers une plus grande prise en compte de cette population jusqu’alors mal connue, l’État peut désormais avoir une idée de leur nombre et de leur répartition.

Les expatriés sont devenus une réalité qui s’est imposée aux yeux de tous, témoigne Pouria Amirshahi

Jusqu’en 1982, rien ne change. En 2004, le Conseil fait peau neuve et devient l’Assemblée des Français de l’étranger. Au-delà du simple changement de nom, la mesure est importante. La nouvelle institution reconnaît clairement l’existence de la collectivité publique des expatriés. Dans les années suivantes, les réformes s’enchaînent, et la prise en compte de la diaspora française s’accentue, jusqu’à cette loi votée en 2008. « Les expatriés sont devenus une réalité qui s’est imposée aux yeux de tous », témoigne Pouria Amirshahi, député sortant de la 9e circonscription des Français établis hors de France, dont il fut le premier élu en 2012.

Pour ce parlementaire qui a quitté le parti socialiste au début de 2016, être député à l’étranger relève selon lui d’un « défi particulier », consistant notamment à briser le cliché d’expatriés se la coulant douce au soleil. « Quand on est arrivé à l’Assemblée, les autres députés nous regardaient comme des martiens ! Mais au fur et à mesure, ils ont bien été obligés de reconnaître notre existence ».

Expérience de député

Contrairement aux députés de la métropole, les représentants des Français de l’étranger ont sous leur responsabilité des Français répartis sur des territoires immenses aux problématiques parfois très différentes, dans des pays sur lesquels ils n’ont évidemment aucun contrôle. « Évidemment les préoccupations ne sont pas les mêmes selon les pays, mais les expatriés ont plusieurs points communs qui les rassemblent : en plus d’être des citoyens français, et donc directement concernés par les lois qui sont discutées à l’Assemblée, tous vivent à l’étranger et sont des étrangers en Afrique ».

De fait, de grandes questions comme l’éducation, les démarches administratives ou encore la fiscalité sont des points particulièrement importants dans les rapports de ces Français de l’étranger avec leurs députés. Lorsqu’une loi est débattue au Parlement, ces élus ont donc un combat particulier : réussir à faire passer des amendements prenant en compte « la particularité de la situation des expatriés ».

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