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Leila Aichi : « J’ai toujours soutenu la position de l’ONU sur le Sahara occidental »

La sénatrice de Paris Leila Aichi a rejoint le MoDEM de François Bayrou en 2016. © Capture YouTube/Public Sénat

La candidate du mouvement d'Emmanuel Macron pour représenter les Français de l'étranger aux prochaines législatives a décidé de réagir à la polémique suscitée au Maroc par son investiture. Elle rejette toute position hostile à l'égard du royaume chérifien et pointe du doigt son principal détracteur. Interview.

Son investiture dans la 9ème circonscription des Français de l’étranger (Maghreb et Afrique de l’Ouest) pour le mouvement d’Emmanuel Macron lors des prochaines législatives françaises a provoqué un tollé au Maroc. En cause : sa position hostile au Maroc sur le dossier du Sahara occidental. Le mardi 16 mai, la Franco-Algérienne et sénatrice MoDEM (parti de François Bayrou) Leila Aichi s’est trouvée obligée de publier un communiqué réfutant toute hostilité envers le royaume chérifien. Dans cette interview accordée à Jeune Afrique, elle s’attaque au Franco-Marocain M’jid El Guerrab, anciennement pressenti pour cette investiture et qui chercherait, selon elle, à la déstabiliser.

Jeune Afrique : Comment réagissez-vous à la polémique qui a accompagné l’annonce de votre candidature ?

Leila Aichi : Je me suis prononcée sur cette prétendue polémique hier à travers un communiqué. Elle a été orchestrée par un candidat à la 9ème circonscription des Français de l’étranger qui a été agacé de ne pas avoir été sélectionné par La République en marche ! et qui a tenu des propos complètement stériles à mon égard.

Faites-vous allusion au Franco-Marocain, M’jid El Guerrab, qui était pressenti avant vous ?

Oui.

Mais le fond de la polémique portait sur vos positions anti-marocaines concernant le Sahara occidental. En 2013, lors d’un colloque, vous vous êtes alarmée « de l’indifférence de la communauté internationale quant au sort réservé au peuple sahraoui ». Vous dénonciez « l’alignement de la France sur le Maroc » et qualifiiez « ce dernier de force d’occupation »…

Ce colloque a été organisé par des associations d’avocats européens. Je l’ai parrainé comme beaucoup d’autres sur le même sujet. Un de mes collègues députés à l’Assemblée nationale a fait la même chose que moi (tenu les mêmes propos, ndlr) et je ne crois pas qu’on lui ait reproché quoi que ce soit. Et puis un élément important vous a échappé. En 2015, en amont de la Cop21, j’avais participé à un débat sur le dérèglement climatique et les questions de sécurité en présence de l’ancien ministre français de la Défense, Jean Yves le Drian. Le ministre délégué de la Défense marocain était présent et il est venu me saluer.

Ce qui me navre dans cette polémique, c’est qu’on s’est éloigné des questions de fond

Dans votre communiqué d’hier, vous dites que vous avez toujours soutenu la position de l’ONU sur le Sahara. Pourriez-vous expliquer ?

Nous allons vers une pacification de cette zone et je m’en réjouis. Je me suis toujours alignée sur la position de la France et n’en ai jamais varié d’un iota. M’jid El Guerrab a orchestré cette campagne pour me déstabiliser. Je suis la candidate officielle de La République en marche ! dans cette circonscription. Ce qui me navre dans cette polémique, c’est qu’on s’est éloigné des questions de fond. Dans la zone que je représente, il n’y a pas que le Maroc. La situation en Côte d’ivoire et au Mali est plus pertinente que cette polémique.

Oui, mais la plus grande communauté française à l’étranger se trouve au Maroc et, dans ce pays, le Sahara est un sujet touchant à la souveraineté…

Je suis candidate française, née en France et je ne m’immisce pas dans la politique interne du Maroc.

Pourtant, dans votre communiqué d’hier, vous êtes manifestement revenue sur vos propos de 2013…

Encore une fois, j’ai toujours été alignée sur la position de l’ONU concernant le Sahara occidental. Je suis avocate. Je connais le droit international. Aujourd’hui, l’ONU avance très bien sur ce dossier. Sa dernière résolution a été applaudie par toutes les parties concernées aussi bien le Maroc, l’Algérie que le peuple sahraoui. En plus, le Maroc a intégré l’Union africaine (UA). Je m’en réjouis.

Sans vous démentir, je précise juste que vos déclarations de 2013 figurent dans un compte-rendu officiel du Sénat français…

Est-ce que j’y dis que je suis pro-Polisario ? Non. Je répète que j’ai toujours été pour la solution onusienne. Le droit international a toujours été ma vision du monde.

Passons à un autre sujet. Plusieurs comités En Marche ! vous reprochent de ne pas avoir été une militante de base, de ne pas avoir accompagné le mouvement dès sa naissance. Que répondez-vous à cela ?

Je suis candidate du président Emmanuel Macron dans cette circonscription suite à un accord électoral avec le MoDEM. Et si Monsieur Macron a été élu, c’est en partie grâce au ralliement de François Bayrou. Évidemment que ma candidature va créer des frustrations. Pour tout vous dire, j’ai eu des entretiens avec des membres de La République en marche ! au Maroc qui me soutiennent. Le seul qui est contre, c’est M’jid El Guerrab.

La position des comités En Marche ! a évolué

Pourtant, le comité En Marche ! Maroc a annoncé qu’il ne fera pas campagne pour vous et qu’il soutiendra votre concurrent…

Il n’est plus du tout dans cette démarche depuis hier. Il ne reste que M’jid El Guerrab et son fief à Casablanca qui persistent dans leur rejet.

Qu’en est-il des comités du Sénégal, de la Tunisie et de la Côte d’Ivoire ? 

Je me suis entretenue avec eux hier. Leurs positions ont évolué.

En plus clair, est-ce qu’ils vous soutiennent ?

Si je vous dis que leur position a évolué, c’est qu’elle a changé. Je vous invite à regarder leurs échanges sur les réseaux sociaux.

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