Centrafrique : pour la Croix-Rouge, le bilan humain de l’attaque à Bangassou va au-delà de 26 morts

Par Jeune Afrique avec AFP

Des membres de l'ex-rébellion de la Séléka, en Centrafrique, en janvier 2014. © Jerome Delay/AP/SIPA

Une nouvelle flambée de violences en Centrafrique a fait au moins 26 morts à Bangassou dans le sud-est, qui viennent s'ajouter aux six casques bleus tués la semaine dernière, selon l'ONU. Mais d'après la Croix-Rouge locale, le nombre de victimes dépasse la centaine.

La Mission des Nations unies (Minusca) a fait état de 26 morts dans l’attaque du 13 mai dernier commise par un groupe armé contre le quartier musulman de la ville de Bangassou, à 470 kilomètres à l’est de Bangui. Mais la Croix-Rouge locale affirme que ses équipes chargées de récupérer et d’enterrer les corps ont dénombré 115 victimes.

Médecins sans frontières (MSF) a évoqué la présence de 17 cadavres dans la mosquée où la Minusca a libéré le 16 mai des civils qui y avaient trouvé refuge après l’attaque. MSF affirme avoir aussi soigné une soixantaine de blessés à Bangassou.

Un casque bleu marocain a été tué dans l’attaque contre la ville. Cinq autres, quatre Cambodgiens et un Marocain, avaient péri dans l’attaque de leur convoi près de cette Bangassou, le 8 mai.

Les ONG très inquiètes

Ce 17 mai, des affrontements entre groupes armés ex-Séléka pro-musulmans et anti-balaka majoritairement chrétiens ont aussi éclaté à Bria, dans le centre du pays. La semaine dernière, des affrontements entre anti-balaka et une faction de l’ex-Séléka à Alindao, toujours dans le centre du pays, auraient fait plusieurs morts et des milliers de déplacés.

Les humanitaires s’alarment de la situation dans ce pays de 4,5 millions d’habitants dont la moitié dépend de l’aide humanitaire et dont 900 000 sont des déplacés ou des réfugiés. « Les financements humanitaires enregistrés jusqu’à début mai ne permettraient de couvrir que 16% des besoins identifiés dans le plan de réponse humanitaire (PRH) 2017 », déplorent dans un communiqué les ONG Action contre la faim et Conseil norvégien pour les réfugiés.

La Centrafrique a basculé dans la violence en 2013 avec le renversement de l’ex-président François Bozizé par les rebelles de la Séléka, suscitant la contre-offensive des milices anti-balaka.

L’intervention de la France jusqu’en octobre 2016 et de la Minusca qui compte environ 12 500 hommes a permis le retour au calme dans la capitale Bangui mais pas dans l’intérieur du pays.