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Ouganda : à peine libérée, l’activiste Stella Nyanzi compare Yoweri Museveni à un « léopard despote »

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président ougandais Yoweri Museveni. © Eugene Hoshiko/AP/SIPA

L'universitaire et militante des droits de l'Homme Stella Nyanzi, poursuivie pour outrage au président ougandais Yoweri Museveni, a lancé de nouvelles attaques contre le chef d'État et son gouvernement.

Moins d’une semaine après sa remise en liberté provisoire, dans l’attente de son procès, l’activiste et universitaire a de nouveau critiqué le régime en place sur les réseaux sociaux, l’accusant de vouloir de nouveau l’arrêter.

« Je suis à présent une fugitive dans mon propre pays », a-t-elle expliqué dimanche 14 mai en introduction d’un message adressé aux 144 000 abonnés de son compte Facebook. Elle a précisé qu’elle ne pouvait pas rentrer chez elle « car des sbires de la sécurité de ce régime dictatorial m’y attendent ».

Arrêtée le 7 avril, Stella Nyanzi avait été inculpée trois jours plus tard pour outrage au chef de l’État, après l’avoir comparé en janvier à « une paire de fesses ». Pendant sa détention à la prison de Luzira, sur les réseaux sociaux, le hashtag #FreeStellaNyanzy comptait parmi les plus populaires en Ouganda et en Afrique du Sud notamment. Un tribunal l’avait finalement remise en liberté le 10 mai, après un mois de détention.

Dans les jours précédant son arrestation, elle avait multiplié les attaques nominatives contre la ministre de l’Éducation, qui n’est autre que l’épouse du président Museveni, lui reprochant d’avoir renoncé à une promesse de campagne sur la fourniture gratuite de serviette hygiéniques pour les jeunes filles scolarisées.

« La fugitive ne la boucle pas ! »

Dimanche, Stella Nyanzi est repartie en guerre verbale contre le couple présidentiel et leur fils, critiquant « le pouvoir illégitime du léopard despotique, son idiote de femme léopard et le futur règne du bébé léopard aux mœurs dissolues ».

Avant de conclure dans une formule tout aussi imagée : « Je vais continuer à titiller les anus de tous les léopards, jusqu’à ma mort ou jusqu’à ce que l’Ouganda soit libéré des léopards. La fugitive ne la boucle pas ! »

Une société ougandaise divisée

Chercheuse associée à la prestigieuse université de Makerere à Kampala, Stella Nyanzi est titulaire d’un doctorat sur les sexualités en Afrique et farouche opposante du président Museveni, à la tête du pays depuis 31 ans.

Ses commentaires sur les réseaux sociaux divisent la société ougandaise, un pays largement conservateur mais dont une partie de la population, notamment au sein de la jeunesse, souhaite le départ du Président.

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