Côte d’Ivoire : les mutineries ont fait deux morts, selon le ministre de la Défense

Par Jeune Afrique avec AFP

Soldats de l'armée ivoirienne à Abidjan, le 10 mai 2014 (photo d'illustration). © Bruno LEVY pour Jeune Afrique

Le gouvernement s'est félicité, mardi à Abidjan, d'une normalisation de la situation en Côte d'Ivoire avec le retour dans leurs casernes des soldats mutinés pendant quatre jours dans plusieurs villes pour toucher un reliquat de primes promises en janvier. Deux morts sont toutefois à déplorer, a indiqué le ministre de la Défense Alain-Richard Donwahi en fin de journée.

« La situation est en train de se normaliser dans toutes les régions militaires. Le calme est revenu », a déclaré le ministre de la Défense Alain-Richard Donwahi, à l’issue d’un conseil du gouvernement. » Aujourd’hui les banques ont rouvert, les fonctionnaires peuvent aller au travail, les entreprises privées peuvent fonctionner », a-t-il ajouté après que les deux premières villes du pays notamment, Abidjan et Bouaké, eurent été paralysées par les mutineries.

Accord « définitif »

Le ministre de la Défense a par ailleurs martelé lors d’un point presse qui s’est tenu mardi 16 mars à Abidjan que l’accord trouvé lundi soir avec les mutins était « définitif », tout en refusant de dévoiler les modalités de sortie de crise. « Certaines choses ne seront pas dites », a-t-il indiqué à la presse. Il a également précisé que deux morts étaient à déplorer, dont un démobilisé atteint par des tirs des mutins et décédé des suites de ses blessures. Aucune information n’a été communiquée sur le deuxième décès évoqué. « Nous avons demandé à ce qu’il y ait des enquêtes et des sanctions », a précisé Alain-Richard Donwahi.

Après quatre jours de mutineries dans plusieurs casernes de Côte d’Ivoire, les soldats mutins de Bouaké, la deuxième ville du pays, ont accepté ce mardi 16 mai l’accord annoncé la veille par le gouvernement. Les discussions se sont accélérées lundi soir après une journée de crise dans plusieurs villes du pays, dont Abidjan.

« On a trouvé un terrain d’entente. On va retourner en caserne. C’est terminé, (la mutinerie) », a affirmé à l’AFP le sergent Cissé Fousseni, un des porte-paroles du mouvement. Si le contenu détaillé n’a pas été révélé car jugé « secret défense » selon le sergent Sidick,un autre porte-parole, l’entourage des mutins a dit avoir obtenu la pleine satisfaction de leurs revendications avec le paiement de 5 millions de francs CFA (7 600 euros) payés tout de suite et 2 millions en juin, ce qu’ont confirmé à Jeune Afrique certains d’entre eux.

7 millions par tranches

Fidèle à sa ligne de conduite depuis le début d’année, le gouvernement ne devrait pas communiquer sur le contenu de l’accord qui porte sur le paiement de reliquats des primes promises après les premières mutineries de janvier. Les mutins avaient alors réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18 000 euros) par personne et obtenu le versement dès janvier de 5 millions (7 500 euros). On leur avait promis les 7 millions restants par tranches à partir de mai.

Une première annonce lundi soir

Dès lundi soir, le ministre de la Défense Alain-Richard Donwahi avait annoncé avoir trouvé « un accord », mais sans en préciser les modalités. Après l’annonce, de nombreux tirs étaient pourtant audibles dans la soirée dans plusieurs villes, dont Abidjan. Mardi matin, la situation semblait peu à peu se normaliser dans la capitale économique. Les mutins établis au camp Gallieni avaient ainsi regagné leurs casernes.

« On ne reconnaît pas l’accord. Est-qu’on fait des baptêmes sans le baptisé ? Aucun représentant de Bouaké n’était présent lundi à leur ‘accord’. D’après ce qu’on sait, c’était une réunion de hauts gradés », a déclaré un mutin à l’AFP sous couvert d’anonymat.

Les mutins sont essentiellement d’anciens rebelles qui ont soutenu Alassane Ouattara lors de la crise électorale de 2010-2011 et qui ont ensuite été intégrés à l’armée.

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