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Cyclope 2017 : les matières premières toujours chahutées

Le commerce mondial de vanille pèse 1,3 milliard de dollars par an. © Titus Hageman/flickr

Ce sont toujours de fortes incertitudes qui dominent le monde des matières premières industrielles ou agricoles, si l’on en croit l’édition 2017 de Cyclope, bible des produits de base commercialisés sur les marchés internationaux, présentée par Philippe Chalmin, professeur à l’Université de Paris-Dauphine, lundi 15 mai.

Personne ne sait où va l’administration Trump et personne ne sait à quelle vitesse le ralentissement de la Chine se poursuivra. Du coup, les prix des matières premières qui avaient commencé à redresser la tête en 2016 hésitent. Les gouvernants des pays exportateurs se gratteront encore longtemps la tête pour boucler leurs budgets et maintenir leur monnaie à flot.

Les experts qui ont rédigé l’ouvrage se risquent à quelques prévisions pour l’année en cours. C’est ainsi qu’ils s’attendent à des hausses de prix pour le gaz naturel (+21% en Europe), le pétrole WTI (+20), le charbon (+18% en Europe), le cuivre (+13%), le café (+6%), le caoutchouc (+1%), ce qui réjouira tous les États pétroliers d’Afrique, à commencer par l’Algérie, l’Angola, le Nigeria, le Gabon, le Soudan et le Tchad, mais aussi l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, la RDC ou la Zambie.

Recul de la famine

En revanche, le cacao se verrait déprécié (-25%), tout comme l’or (-8%), l’huile de palme (-7%), le maïs (-2%), ce qui assombrirait les perspectives de nombreux pays d’Afrique de l’ouest et du centre, comme le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’ivoire, le Mali ou le Malawi.

La famine ne devrait pas s’aggraver puisqu’en 2016, la planète a produit 3,1 milliards de tonnes de grains (céréales, riz et oléagineux) contre 1,4 milliard en 1986. La sécheresse qui affecte l’Afrique méridionale et orientale semble reculer. Pas de famine, donc, « sauf celle due à la folie des hommes », a commenté Philippe Chalmin en pointant les conflits qui ensanglantent le Soudan du sud ou le nord du Nigeria.

Bulle spéculative de la vanille

De l’ananas au zirconium, Cyclope 2017 fait méthodiquement le point sur les marchés des différents produits de base. Retenons-en un dans la catégorie « Convalescence » et un autre dans la catégorie « Catastrophe annoncée ».

Le premier est le pétrole, dont les prix ont de grandes chances d’atteindre les 54 dollars le baril cette année, grâce à « l’excellente discipline de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) » qui a contribué à réduire la production mondiale depuis la fin de l’année dernière, selon Francis Perrin, Président de Stratégies et Politique Énergétiques.

Le second est la vanille qui apparaît pour la première fois dans Cyclope et dont le prix du kilo est passé en cinq ans de 50 dollars à plus de 400 au cours de la campagne 2016-2017. Cette « bulle spéculative » pourrait éclater tant les qualités sont médiocres et tant le monopole de la vanille malgache (80% de la production mondiale) pénalise les industriels de cette gousse aromatique. La Grande Île devrait se méfier de ses concurrents potentiels ougandais, indonésiens et indiens qui se préparent à profiter des cours astronomiques de l’arôme le plus vendu au monde.

CyclOpe 2017, sous la direction de Philippe Chalmin et Yves Jégourel, Ed. Economica, mai 2017, 139 €.

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