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Centrafrique : des militaires ougandais accusés de viols par HRW

Par Jeune Afrique avec AFP

Des soldats ougandais traquant l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) en Centrafrique, le 19 avril 2012. © Rodney Muhumuza/AP/SIPA

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, dans un rapport publié lundi, des abus sexuels commis selon elle entre 2009 et 2017 sur plusieurs femmes par des militaires ougandais déployés dans l'est de la Centrafrique.

16 cas de victimes sexuellement exploitées ou abusées ont été relevés par l’enquête de HRW qui s’est déroulée dans la ville d’Obo, au sud-est du pays, où les forces ougandaises avaient leurs quartiers. L’ONG cite le cas d’une fille de 15 ans, appelée Marie, qui a accouché il y a six mois après avoir été violée par un soldat ougandais (selon HRW).

Pas de réaction du ministre de la Défense ougandais

Sous mandat de l’Union africaine, près de 2000 soldats ougandais sont engagés depuis huit ans en Centrafrique pour neutraliser la rébellion de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), venue d’Ouganda. Le groupe armé est responsable, selon l’ONU, de la mort de plus de 100 000 personnes ainsi que de l’enlèvement de plus de 60 000 enfants au Soudan du Sud, en RDC et en Centrafrique.

« Les autorités ougandaises et de l’Union africaine devraient effectuer des enquêtes appropriées, punir les responsables et s’assurer que les femmes et les filles qui ont subi des abus ou des sévices sexuels bénéficient des services dont elles ont besoin », estime Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique de HRW. Contacté par l’ONG, le ministère de la Défense à Kampala n’a pas répondu aux allégations, selon HRW. Le commandement américain, engagé aux côtés des forces ougandaises, ne reconnaît pas les accusations portées à l’encontre des soldats ougandais, précise Lewis Mudge. Les militaires américains ne sont pas visés par le rapport.

Des Casques bleus déjà soupçonnés 

Retirées depuis le mois dernier de Centrafrique, les forces ougandaises pourraient rejoindre la mission de maintien de la paix de l’ONU dans le pays (Minusca), rappelle le communiqué. Ce n’est pas le premier scandale qui touche des forces militaires engagées en Centrafrique. Des Casques bleus de la Minusca et des militaires de la force française Sangaris (décembre 2013 – octobre 2016) ont aussi été soupçonnés d’abus sexuels envers des enfants et des femmes du pays. En France, le parquet de Paris a requis en mars un non-lieu (le classement du dossier) sur les accusations de viols portées par des enfants contre des soldats français en 2013-2014.

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