Les soutiens d’Emmanuel Macron au Maroc boycottent la candidature de Leila Aïchi aux législatives

La sénatrice de Paris Leila Aichi a rejoint le MoDEM de François Bayrou en 2016. © YouTube/Public Sénat/ capture d'écran

La candidate du mouvement d'Emmanuel Macron pour représenter les Français de l'étranger aux prochaines législatives passe mal au Maroc, en raison de sa position pro-polisario. L'antenne marocaine du mouvement a décidé de ne pas faire campagne pour elle.

Le choix de de la sénatrice Leila Aichi pour représenter aux prochaines élections législatives, et au nom du mouvement macroniste La République en marche, la 9e circonscription des Français de l’étranger au nom, n’en finit pas d’attiser les polémiques au Maroc.

Samedi 13 mai, le comité du mouvement au Maroc a décidé de ne pas faire campagne pour cette candidate en raison de sa position sur le Sahara occidental, jugée anti-marocaine. « Nous avons suspendu notre campagne pour elle dans l’attente d’une clarifications de sa position sur ce dossier », déclare Hamza Hraoui, délégué national de La République en marche Maroc.

Née le 14 mai 1970, Leila Aichi est une sénatrice franco-algérienne, élue en 2011 sous les couleurs du groupe écologiste. Au Sénat, elle est vice-présidente de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées où elle est particulièrement investie dans les questions Nord-Sud. Avocate de profession, elle a rallié le Modem de François Bayrou en 2016. Sa désignation comme candidate pour la 9e  circonscription des Français à l’étranger est le résultat de tractations serrées, menées la semaine dernière entre François Bayrou et le nouveau président de la République française, Emmanuel Macron.

En janvier 2013, lors d’un colloque sur le Sahara occidental tenu à Paris, Leila Aichi avait clairement exprimé sa position anti-marocaine, critiquant l’alignement de Paris sur la thèse de Rabat. « Le choix de Leila Aichi pour représenter les Français de l’étranger a engendré une situation assez complexe. Il a cassé la belle dynamique que nous avons enclenchée il y a plusieurs mois pour faire essaimer le mouvement en Marche! au Maroc et en Afrique », se désole Hamza Hraoui.

Rabat ne s’est pas publiquement exprimé sur cette désignation, mais ses relais en France ont rué dans les brancards. Samedi 13 mai, le cercle Eugène Delacroix, groupe d’élus français pro-Maroc et dirigé par le député socialiste, Gilles Pargneaux, a exprimé ses vives critiques quant au choix de la candidate.

La 9ème circonscription des Français à l’étranger compte 107 788 électeurs inscrits dont 32% vivent au Maroc. L’Algérie arrive en deuxième position avec 21% de ces électeurs, suivie de la Tunisie (15%), le Sénégal (13%) et la Côte d’Ivoire (10%). Le poids du Maroc dans la représentativité des Français de l’étranger est donc important.

La Côte d’Ivoire et le Sénégal solidaires

À l’instar de La République en marche Maroc, les comités du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ont décidé de mettre en stand-by leur soutien à la campagne de la candidate du mouvement dans la 9e circonscription des Français à l’étranger, en attendant des précisions de sa part.  » Nous avons été surpris par cette désignation qui intervient après une série de cafouillages sur le choix du candidat [le nom d’un premier membre du Modem, Augustin Augier, avait été annoncé avant d’être remplacé par celui de Leila Aichi, NDLR] », assure Jérémy Fabre, référent du mouvement La République en marche au Sénégal.

Il soutient que la position politique de l’élue franco-algérienne sur le Sahara » risque de la détacher du Maroc, première terre d’accueil des français à l’étranger », mais il est beaucoup plus inquiet du fait « qu’elle ne vit pas dans un pays de notre zone » et « qu’elle n’ait pas participé au mouvement La République en marche dès sa création », fait-il remarquer.

Chez La République en marche Côte d’Ivoire, on est solidaire du Maroc mais plus nuancé. « Nous n’avons pas d’avis à donner sur ses positions politiques au sujet du Sahara, mais on attend qu’elle dévoile ses intentions et son programme pour nous prononcer », assure Arnaud Floris, référent national du mouvement macroniste dans ce pays, actuellement en proie à une mutinerie militaire.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici