Madagascar : nouvelle menace de censure du gouvernement

Par Jeune Afrique

Le président Hery Rajaonarimampianina, à Beijing, le 27 mars 2017. © Lintao Zhang/AP/SIPA

La session parlementaire n’a repris ses travaux que le 2 mai et déjà les bruits d’une énième motion de censure à l’encontre du gouvernement enflent dans l’hémicycle.

La chasse aux 76 signatures nécessaires pour lancer une telle procédure aurait été lancée sur les bancs de l’Assemblée nationale, pour forcer le président Hery Rajaonarimampianina à désigner son quatrième chef de gouvernement… en quatre ans. Si Olivier Mahafaly, nommé en avril 2016, semble bien avoir conservé la confiance du président, qui l’a confirmé dans ses fonctions lors du mini-remaniement du 21 avril, le 1er ministre semble devoir se méfier de sa propre majorité.

Une menace confirmée par Hajo Andrianainarivelo, le responsable du VPM/MMM, le principal groupe parlementaire d’opposition, qui affirme « refuser de participer à une telle démarche ». Tout comme le MAPAR d’Andry Rajoelina. C’est donc bien par les députés HVM de la mouvance présidentielle que pourrait être lancée l’offensive. Beaucoup reprochent au président d’avoir conservé un gouvernement dont de nombreux membres, à commencer par le premier d’entre eux, sont suspectés d’être des proches de Claudine Razaimanonjy, « grande argentière » du régime et au cœur d’une affaire de corruption qui secoue Madagascar depuis un mois.

Un bon moyen pour les parlementaires de se dédouaner eux-mêmes, tout en mettant un peu de pression supplémentaire sur le chef de l’État, déjà menacé de destitution en 2015. Le tout sur fond de rumeurs de mallettes qui circuleraient pour éviter un nouveau changement de l’exécutif. À un peu plus d’un an du prochain scrutin présidentiel.